RFI: Les partisans de Mikheïl Saakachvili, peu nombreux mais déterminés?

Reportage diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 13/02/2018

Réactions indignées, mais timides, en Ukraine, après l’arrestation et l’expulsion de l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili. Il est désormais en Pologne, et doit y décider de ses prochaines initiatives, même s’il est désormais écarté de la politique ukrainienne. Ses partisans promettent de ne pas baisser les bras dans leur opposition au Président Petro Porochenko, taxé de corruption et d’autoritarisme. A Kiev, Sébastien Gobert

 

Et maintenant, que faire? C’est la question que les partisans de Mikheïl Saakachvili se sont posé, toute la soirée du 12 février. Devant l’administration présidentielle, ils étaient une petite cinquantaine à protester, et à réclamer la démission de Petro Porochenko.

Speaker: Bonsoir! 

Pour autant, au micro, on se veut optimiste sur une mobilisation bien plus large, notamment lors d’une manifestation le 18 février.

Speaker: Les amis, tenez bon, parce qu’en ce moment, il y a des gens qui viennent de tous les coins du pays pour nous soutenir. Ce qui s’est passé aujourd’hui est une honte, ça a choqué beaucoup de monde! 

Plus que dans la rue, l’indignation est partagée sur les réseaux sociaux. La vidéo de l’arrestation y tourne en boucle. On y voit Mikheïl Saakachvili malmené, molesté, tiré par les cheveux. L’Ukraine se veut plus européenne depuis 2014, mais certains associent ces images à des pratiques répressives de la Russie de Vladimir Poutine. Beaucoup craignent qu’après Mikheïl Saakachvili, les autorités ne soient tentées de s’en prendre à d’autres opposants, ou à des ONG anti-corruption. L’exécutif reste, lui, silencieux. Le Procureur Général a longtemps accusé le Géorgien de préparation de coup d’Etat, et de séjour illégal en Ukraine. L’expulsion vers la Pologne est critiquée comme une simple manière de se débarrasser de lui. Pour le député libéral Yehor Sobolev, c’est un aveu de faiblesse.

Yehor Sobolev: Ils ont peur. Et ils ont raison d’avoir peur. Parce que bientôt, nous leur demanderons justice! Et Mikheïl Saakachvili reviendra dans ce pays! Nous irons ensemble à sa rencontre. 

Nombreux sur les réseaux sociaux, peu dans la rue, sans soutien politique ou occidental, les partisans de Mikheïl Saakachvili n’en restent pas moins une minorité très active. Avec ou sans leur chef, ils entendent bien ne pas se faire oublier.

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