RFI: Des politiciens européens corrompus pour promouvoir Ianoukovitch?

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 25.02.2018

L’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines de 2016 a encore une fois des répercussions en Europe, et en Ukraine plus particulièrement. L’enquêteur spécial du FBI, Robert Mueller, a accusé l’ancien chef de campagne de Donald Trump, d’avoir payé des hommes politiques européens entre 2011 et 2013. Ceux-ci devaient faire du lobbying en faveur de l’ancien régime autoritaire et corrompu de Viktor Ianoukovitch. A Lviv, Sébastien Gobert

Les Ukrainiens se sont longtemps indignés du soutien que des des personnalités européennes avaient apporté à Viktor Ianoukovitch, malgré la corruption endémique qu’il entretenait. Mais peut-être ce soutien était-il à cause de cette corruption. Avant de travailler pour la campagne de Donald Trump, Paul Manafort était conseiller en communication pour le Parti des Régions de Viktor Ianoukovitch. Il aurait utilisé 4 comptes offshore pour verser plus de 2 millions d’euros à un groupe de politiciens européens de différents pays, pour émettre des jugements positifs sur la politique de l’ancien régime. Paul Manafort nie en bloc. Mais ce n’est pas la première fois qu’il est accusé de trafic d’influence, et de paiements frauduleux. Le procureur spécial américain Robert Mueller ne révèle pas de noms, mais cite un ancien chancelier européen comme coordinateur des actions de lobbying. Les regards se portent sur l’Autrichien Alfred Gusenbauer, ou l’Allemand Gerhart Schröder, tous deux complaisants à l’égard de l’ancien Parti des Régions, et de la Russie de Vladimir Poutine. On ne sait pas s’il y avait des Français dans ce groupe d’Européens. L’implication des personnalités politiques européennes sur la scène ukrainienne est ancienne. Elles n’est jamais neutre, que ce soit en faveur de la Révolution de 2014, ou pour avaliser l’annexion illégale de la Crimée par la Russie. Cette accusation de paiement au noir montre que l’implication occidentale n’est pas toujours désintéressée. Et pour une Ukraine qui cherche officiellement à rejoindre l’Union européenne, cette affaire rappelle que les pratiques corrompues à l’ukrainienne y ont déjà été exportées.

Plus de détails ici (Deutsche Welle, en anglais)

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