Le Figaro : Arménie : ces activistes derrière la «révolution de velours»

Article publié dans le Figaro le 2 mai 2018

Extraits :

Malgré un régime qui s’est durci pendant les deux mandats présidentiels de Serge
Sarkissian, dont le premier a été inauguré avec la mort le 1 er mars 2008 de dix manifestants qui protestaient contre de nouvelles élections falsifiées, les mobilisations civiques se sont multipliées. En 2010 pour sauver le cinéma en plein air « Moscou », architecture moderniste des années 1960 que le capitalisme mafieux arménien s’apprêtait à démolir, en 2011 pour préserver les chutes de Trchkan alors que des industriels lorgnaient sur le site, la même année pour empêcher la destruction du parc Mashtots au centre de la capitale, en 2013 contre l’augmentation des tarifs des transports publics, en 2015 avec le mouvement « voch t’alanin » (« Pas de vol ») contre ceux de l’électricité…
A Chaque fois, créativité et détermination sont au rendez-vous. « Un groupe de six
milles personnes, liées entre elles par des pages Facebook et d’autres médias sociaux, étaient au cœur de ces actions. Lorsque en 2012 quelqu’un a été tué par balles dans un restaurant de Ruben Harapétian, un oligarque au profil criminel qui finançait le parti présidentiel, nous nous sommes mis à plusieurs juristes pour prouver sa responsabilité. Lors de la remise de conclusions de la part de ses avocats la veille d’une audition, alors qu’il auraient dû le faire neuf jours avant, nous nous sommes mis à une dizaine pour étudier les mille pages du dossiers et le lendemain matin nous présentions nos observations  à la Justice, avec des poches sous les yeux mais heureux », se souvient Mher Arshakian, activiste qui a étudié le droit en Suisse. (…)

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