France Culture: Angela Merkel inquiète du conflit toujours actif en Ukraine

Papier radio diffusé dans les journaux de la matinale, sur France Culture, le 13/05/2018

A Assise, la chancelière allemande Angela Merkel a reçu la Lampe de la paix de Saint François, considéré comme le “Prix Nobel Catholique”. La lauréate a exprimé une vive inquiétude concernant l’est de l’Ukraine. Plus de 10300 personnes ont déjà perdu la vie dans le seul conflit actif sur le continent européen, depuis le printemps 2014. Les violations, meurtrières, du cessez-le-feu sont quotidiennes, selon la chancelière. Confirmation sur le terrain avec Sébastien Gobert, depuis Kiev.

C’est la première condition du processus de paix dans l’est de l’Ukraine, qui n’a jamais été remplie. Depuis 2015, on compte des dizaines d’annonces de cessez-le-feu, qui sont rompus systématiquement par l’ensemble des forces en présence: les troupes ukrainiennes, les séparatistes pro-russes et les forces russes. Sur les 400 kilomètres de la ligne de front, les positions des belligérants sont stables, mais la zone n’a pas été démilitarisée comme prévu par les Accords de paix de Minsk. Les échanges d’artillerie sont toujours intenses, en particulier à la nuit venue. La livraison de lances-missiles Javelin des Etats-Unis s’inscrit dans une logique défensive des Ukrainiens, mais ne contribue pas au retrait des armes lourdes.

Le Président et chef des armées Petro Porochenko dénonce depuis des années une agression de la Russie. L’inquiétude publique d’Angela Merkel est sans doute la bienvenue, alors qu’il s’attache à préserver le soutien des Allemands, Français et Américains. Les Ukrainiens s’indignent néanmoins du projet allemand de doublement du gazoduc Nord Stream, qu’ils considèrent comme une tentative de contourner, et d’affaiblir, l’Ukraine et les pays post-communistes d’Europe centrale. Les tests à la solidarité européenne face à la Russie, comme le maintien du régime de sanctions économiques et financières, sont nombreux.

Le Kremlin, depuis 2014, nie toute implication directe dans le conflit, malgré des preuves incontestables. Il s’efforce de dissocier ce sujet de l’annexion illégale de la Crimée. S’ensuit un dialogue de sourds, où Ukrainiens et Russes se rejettent la faute du blocage diplomatique et des violences sur le terrain. Les négociateurs considèrent donc l’envoi d’une mission de maintien de la paix de l’ONU. Une entreprise complexe, de longue haleine, qui ne résoudra pas le conflit. Mais la présence de Casques Bleus pourrait au moins mettre un terme aux combats, et permettre aux millions de civils qui restent sur place de repenser à une vie normale.

 

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