RFI : Géorgie, après la rave party de protestation, la situation se tend à Tbilissi

Reportage publié sur RFI le 14 mai 2018

En Géorgie, la manifestation qui a commencé ce samedi pour protester contre une opération de police pour arrêter des dealers de drogue, dans deux nightclubs de Tbilissi, a tourné ce dimanche en une opposition tendue entre pro-occidentaux et groupes d’extrême-droite.

Avec notre correspondant à TbilissiRégis Genté

Ce samedi, la manifestation contre l’opération de police musclée de la nuit précédente, notamment dans la discothèque Bassiani, s’était terminée par une gigantesque rave party devant le Parlement. Près de 4 000 jeunes ont dansé jusqu’à une heure du matin. C’était une façon de dire : on ne nous empêchera pas de vivre comme on l’entend.

Mais ce dimanche, c’est une toute autre ambiance qui s’est imposée au fil des heures. Toute la journée, autour de 500 membres de groupes d’extrême droite ont tenté d’aller en découdre avec la jeunesse branchée des défenseurs du club Bassiani, militants pour la dépénalisation de la drogue ou les droits LGBT.

Sous les immenses colonnes du Parlement, Zviad Gelbakhiani, un des fondateurs de Bassiani, résumait l’enjeu de ce face à face : « Bassiani, au-delà d’être un club techno, a émergé comme un mouvement, une sorte de miroir des valeurs de l’Occident que nous voulons et ces opérations contre Bassiani sont aussi une action contre ces valeurs. »

Finalement, en toute fin de soirée, le ministre de l’Intérieur Giorgi Gakharia est venu s’adresser à la foule devant le Parlement, promettant pour ce lundi un examen en commun des erreurs de l’opération de police et de discuter à nouveau de la dépénalisation de la consommation de drogue, tandis que des militants d’extrême-droite étaient arrêtés à quelques dizaines de mètres de là.

 

 

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