RFI: Le chocolat ukrainien (entre autres) interdit en Russie

Un nouvel acte – attendu – de la rupture entre Kiev et Moscou, qui porte à conséquence pour l’économie ukrainienne.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 30/12/2018

Photo: Niels Ackermann / Lundi 13

Le Kremlin vient d’annoncer l’interdiction d’importer en Russie 18 catégories de produits ukrainiens. La décision vise le chocolat, mais aussi la bière, le blé, des produits manufacturés, ou encore les turbines à gaz. L’annonce fait suite aux sanctions décrétées par le gouvernement à Kiev en réaction à l’escalade militaire en mer noire en novembre. Elle s’ajoute à plusieurs sanctions commerciales que les deux pays se sont imposées depuis 2014. C’est un nouveau signe de rupture entre Kiev et Moscou, et une mauvaise nouvelle pour l’économie ukrainienne. A Kiev, Sébastien Gobert

A Kiev, l’annonce russe ne surprend pas. Des mesures de représailles venues de Moscou étaient attendues, et elles ne marquent qu’un épisode de plus dans la guerre que se livrent les deux pays, sur les plans commercial, mais aussi militaire, énergétique, financier, médiatique, et même religieux. On note que l’interdiction du chocolat ukrainien est tout à fait symbolique. Elle vise le Président Petro Porochenko. Le “roi du chocolat”, tel qu’il est surnommé ici, avait bâti une partie de sa fortune dans la confiserie. Là encore, rien de nouveau. Ses produits avaient déjà été interdits par le Kremlin en 2013, avant même l’annexion de la Crimée et le début de la guerre dans l’est. Reste que ces sanctions supplémentaires ne vont pas aider l’économie ukrainienne, qui peine à sortir d’un profond marasme depuis 2014. La balance commerciale est déficitaire, dépendante de la Russie à hauteur de 12%. L’interdiction de 18 catégories de produits représenterait un manque à gagner d’environ 500 millions d’euros par an. Le gouvernement à Kiev s’estime néanmoins confiant. Il parie sur une reconversion rapide de ses industriels, dans le cadre de la modernisation et de l’intégration européenne de son économie. L’Union européenne est déjà le premier partenaire commercial de l’Ukraine, à hauteur de 40%.

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