Religioscope: La valse des paroisses orthodoxes en Ukraine

Plus d’une centaine de paroisses auraient déjà quitté le Patriarcat de Moscou pour rejoindre la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne. Le mouvement soulève beaucoup de questions, entre craintes et espoirs.

Reportage publié sur le site de Religioscope, le 24/01/2019

uAprès la reconnaissance d’une Église orthodoxe ukrainienne indépendante par le Patriarcat de Constantinople, une centaine de paroisses auraient déjà quitté le Patriarcat de Moscou pour rejoindre la nouvelle entité ecclésiale. Une carte interactive suit ce mouvement. Mais la nouvelle situation risque aussi de poser la question du contrôle d’importants lieux de culte ukrainiens. L’enquête de Sébastien Gobert nous fait découvrir des cas concrets, entre craintes et espoirs.

Dans le village d’Okhmativ, la petite communauté orthodoxe locale a décidé de rejoindre l’Église orthodoxe ukrainienne indépendante après l’obtention du tomos du Patriarcat de Constantinople lui conférant l’autocéphalie (© 2019 Niels Ackermann / Lundi13).

De sa voix chantante, le célébrant égrène une litanie au-dessus de l’autel, abrité par les saintes portes. En réponse, le chœur de paroissiennes entonne un cantique de Noël. La chaleur des prières ne parvient cependant pas à réchauffer la petite pièce aménagée en église. Le lieu de culte d’Okhmativ, à quelques 150 kilomètres au sud de Kiev, avait été détruit par les Soviétiques après la Seconde Guerre mondiale. C’est une ancienne école qui abrite la paroisse. Ce 13 janvier, sept personnes sont réunies, toutes âgées de plus de 70 ans. Pourtant, l’enthousiasme est palpable. C’est l’une des premières fois que le prêtre Ihor Havriliouk ne mentionne plus Kyril, patriarche de l’Église orthodoxe russe, pour le remplacer par le métropolite Épiphane, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

Le Père Ihor Havrilyuk est le prêtre de la modeste paroisse orthodoxe ukrainienne du village d’Okhmativ (© 2019 Niels Ackermann / Lundi13).

Notre communauté a couvé ce changement depuis longtemps”, commente Ihor Havriliouk. “Une fois que le Tomos d’autocéphalie, c’est-à-dire la déclaration d’indépendance, a été accordé à la nouvelle Église orthodoxe d’Ukraine, le 6 janvier à Istanbul, nous avons procédé aux formalités administratives pour quitter l’Église russe.” L’initiative est vécue en Ukraine comme un événement historique. C’est à Kiev que le monde slave oriental avait rejoint la chrétienté, en 988. Malgré les invasions successives, le clergé orthodoxe local avait été très actif, jusqu’à son rattachement à l’Église russe en 1686. L’unité religieuse était devenue l’un des attributs de l’union politique des deux peuples. Un symbole mis à mal depuis la chute de l’URSS. Dans le contexte actuel de guerre hybride entre l’Ukraine et la Russie, la prédominance de l’Église russe a été de plus en plus contestée.

Lire le reste du reportage sur le site de Religioscope (accès libre)

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