RFI: Après des élections frauduleuses, un Parlement moldave morcelé

Résultats confus en Moldavie. Aucun majorité nette ne se dégage des élections législatives du 24 février. Difficile d’imaginer un revirement géopolitique majeur ou de réels changements dans la politique intérieure.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 25/02/2019

Résultats confus en Moldavie, à l’issue d’une élection législative entachée de fraudes à répétition, et marquée par une faible participation d’à peine 50%. Le pays le plus pauvre d’Europe, dénoncé par le Parlement européen comme un “Etat capturé par des intérêts oligarchiques”, se retrouve avec un Parlement divisé. Le parti des socialistes, partisan d’un rapprochement avec la Russie, obtient le plus grand nombre de voix, mais pas suffisamment pour former une majorité. Différentes formations politiques évoquent de possibles manifestation pour contester les résultats. A Chisinau, Sébastien Gobert

“C’est l’élection la plus sale de notre histoire”, pour le président Igor Dodon. Les autres partis politiques semblent d’accord avec lui, puisque presque tous ont contribué à violer le processus électoral. Les infractions sont allées d’erreurs intentionnelles dans l’organisation du scrutin à l’achat d’électeurs, en passant par l’acheminement en bus de nombreux résidents de la région sécessionniste de Transnistrie. Le résultat est un parlement morcelé, composé de 4 partis élus à la proportionnelle, et de divers candidats élus au scrutin majoritaire.

Les socialistes du président Dodon n’ont pas la majorité nécessaire pour opérer le rapprochement géopolitique avec la Russie qu’ils appelaient de leurs voeux. Le gouvernement actuel n’a plus les voix nécessaires pour contrôler l’Etat et la verticale de corruption comme il l’a fait ces dernières années. Le parti ACUM des réformateurs libéraux pro-européens arrive de manière surprenante en seconde position du scrutin proportionnelle. Il n’a cependant pas une grande marge de manoeuvre pour rétablir l’Etat de droit et réchauffer les relations avec Bruxelles, comme il le souhaite. L’UE a gelé ses programmes d’aide financière en 2018. Le Parlement européen a dénoncé le pays comme un “Etat capturé par des intérêts oligarchiques”.

La Moldavie entre donc dans une nouvelle période d’incertitude. Les tractations politiques vont déjà bon train pour dégager une nouvelle alliance politique, mais aussi pour se préparer à d’éventuelles protestations dans la rue. Certains évoquent aussi, déjà, la tenue d’élections anticipées.

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