RFI: Heurts violents entre les ultra-nationalistes ukrainiens et la police

3 agents des forces de l’ordre blessés à Kiev, 22 à Tcherkassy. Les ultra-nationalistes ukrainiens s’invitent avec violence dans la campagne – avec la corruption présumée de Petro Porochenko pour cible.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 10/03/2019

Les militants ultra-nationalistes du parti “Natsionalniy Korpus” et de la milice paramilitaire “Natsionalniy Droujini” s’en sont pris avec violence aux forces de police devant l’administration présidentielle à Kiev et à Tcherkassy, ce samedi 9 mars. 22 agents des forces de l’ordre ont été blessés à Tcherkassy, 3 à Kiev. Les radicaux réclament l’arrestation de proches collaborateurs du Président Porochenko, impliqués dans un scandale de corruption dans le domaine de la défense. L’incident s’inscrit dans le cadre de la campagne des présidentielles du 31 mars prochain. A Kiev, Sébastien Gobert

Des défilés impressionnants à la chorégraphie des années 30. Des slogans patriotiques et des insultes. Des coups de poing qui volent et des affrontements avec les policiers. C’est visiblement la manière des nationalistes de mener une campagne électorale. Le parti ultra-radical Natsionalniy Korpus est né du régiment nationaliste Azov dont certains membres sont ouvertement néo-nazis. Dans le cadre de la guerre contre la Russie, le parti a fait des questions militaires une priorité politique. Petro Porochenko est donc une cible, dans la mesure où lui et certains de ses proches auraient détourné des fonds destinés à l’armée, à travers un circuit de contrebande.

Les nationalistes utilisent ce scandale de corruption retentissant pour imprimer leur marque dans la campagne, même si leurs relations avec le ministère de l’intérieur restent un mystère. Le ministre Arsen Avakov est réputé comme l’un des sponsors de la nébuleuse Azov. Certains voient donc les échauffourées du 9 mars comme un message envoyé à Petro Porochenko en amont de la présidentielle. Le parti “Bloc de Petro Porochenko” analyse, lui, ces manifestations de violence comme des actions orchestrées par des “revanchards pro-russes, et des oligarques en exil”. Dénoncer la “main de Moscou” dans toute critique du pouvoir en place est une habitude récurrente de l’équipe de Petro Porochenko depuis 2014.

Le parti Natsionalniy Korpus et son candidat Andriy Biletskiy sont très bas dans les sondages d’intention de vote, mais leurs différentes organisations sont très actives. La milice paramilitaire Natsionalniy Droujini s’est d’ailleurs faite enregistrée comme observatrice d’élection, et l’a déjà fait savoir: elle n’hésitera pas à recourir à la force en cas de fraude. “S’il faut frapper quelqu’un au visage au nom de la justice, nous le ferons sans hésitation”, a écrit le dirigeant de la milice, Ihor Mikhailenko, sur son canal Telegram. Les nationalistes ne remporteront probablement pas l’élection du 31 mars. Mais ils s’imposent comme une force de nuisance incontournable. Andriy Biletskiy avait prévenu, début mars: “2019 est l’année où les nationalistes passent à l’offensive”.

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