RFI: Le retour des Tcherkesses syriens dans le Caucase

Les Tcherkesses ont été contraints à l’exil vers l’empire ottoman par les tsars de Russie. Ils reviennent aujourd’hui, encore une fois pour fuir la guerre en Syrie cette fois. Par Etienne Bouche

L’Histoire a fait de lui un peuple dispersé à travers le monde. Originaires du Nord-Caucase, les Tcherkesses ont été contraints à l’exil lorsqu’en 1864, l’armée tsariste achève sa conquête du Caucase. Ils partent majoritairement s’installer dans l’Empire ottoman, notamment en Syrie. Dès les années 1990, le démantèlement de l’Union soviétique a incité des Tcherkesses de l’étranger à revenir sur les terres de leurs ancêtres. Une dynamique qui s’est intensifiée à partir de 2011, lorsque la guerre a éclaté en Syrie. Dans le Caucase, la communauté tcherkesse se mobilise pour organiser leur retour sur une terre désormais constitutive de la Fédération de Russie.

Par Étienne Bouche. Photo Pascal Dumont.

Reportage diffusé le 12/06/2019 dans l’émission “Accents d’Europe”, sur RFI

Considérée comme le centre géographique du Nord-Caucase, Naltchik avait vocation à devenir une station de villégiature. De ce projet soviétique, cette petite ville à la végétation luxuriante a conservé de nombreux sanatoriums. Asker Bora se rend régulièrement dans l’un d’entre eux. Non pas pour y recevoir des soins mais pour rendre visite à ses résidants. En 2015, Asker a créé une organisation destinée à faciliter le retour des Tcherkesses de Syrie.

« A ce moment-là, les combats étaient au plus fort, nous avons alors décidé de créer cette organisation, raconte Asker. Nous savions qu’il y aurait un afflux de compatriotes qui décideraient de rentrer à la maison. Quand les premiers rapatriés sont arrivés, plusieurs sanatoriums de la ville ont été mis à disposition. Depuis, la plupart se sont dispersés, se sont installés dans une maison ou un appartement. Aujourd’hui, il ne reste que quelques familles dans ce sanatorium. »

On le croirait volontiers désaffecté et pourtant, le sanatorium continue de fonctionner, fréquenté par des sportifs locaux et des Ukrainiens de l’Est. L’un des bâtiments a été mis à disposition des rapatriés. Ils sont une quarantaine à occuper les lieux.

« C’est dans ce bâtiment-là que vivent les rapatriés, au rez-de-chaussée et à l’étage. Voici le couloir… ils sont répartis sur les deux niveaux… Bon, comme vous le voyez les conditions ne sont pas… Notre république n’a pas les moyens de financer, car il en faut aussi pour les locaux. Ce sont des subventions fédérales qu’il faudrait. »

Dans des sacs en plastique, du riz, du sucre, du café ou encore des dattes. Des provisions déposées par des bénévoles de l’organisation mais aussi par des citoyens ordinaires. Au fond du couloir, une silhouette de femme se dessine dans l’obscurité.

Reportage à découvrir dans son intégralité sur RFI.

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