RFI: Le SBU annonce avoir arrêté un suspect dans l’attaque contre le MH17… en 2017

Un des chauffeurs du lance-missile Buk venu de Russie a été arrêté par le SBU en 2017. Il est en prison en Ukraine.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 18/07/2019

Hier 17 juillet, jour de commémoration du crash du Boeing MH17. L’avion avait été attaqué par un tir de missile en 2014 alors qu’il survolait l’Ukraine de l’est en guerre. Il avait emporté 298 personnes dans sa chute. A Kiev, les services de sécurité, le SBU, ont tenu un briefing récapitulatif de l’enquête, et ont révélé qu’ils détenaient un suspect depuis 2017, un des chauffeurs du lance-missile. Il est aujourd’hui en prison en Ukraine. A Kiev, Sébastien Gobert

Personne n’attendait de surprise de ce briefing du SBU. Mais c’est avec un ton très détaché que le chef adjoint du département d’enquête du SBU, Vitaliy Mayakov, a révélé l’existence de cet homme. Les autorités ukrainiennes ont établi qu’il a conduit le lance-missile Buk venu de Russie sur une partie de son trajet à travers l’est de l’Ukraine en guerre. Le suspect avait été identifié grâce à des enregistrements vidéos et plusieurs témoignages, et arrêté trois ans plus tard à la frontière entre l’Ukraine et la Russie. Le SBU ne révèle pas l’identité du prisonnier, mais assure qu’il ne figure pas sur la liste de 4 suspects réclamés par les enquêteurs internationaux. Ceux-ci sont soit à l’abri en Russie soit disparus. Vitaliy Mayakov ajoute que pas moins de 150 personnes seraient liées, de près ou de loin, au transport du Buk en juillet 2014. Vitaliy Mayakov étant lui même membre de la Joint Investigation Team (JIT), on peut supposer que l’emprisonnement de cet homme était connu des enquêteurs à la Haye. Mais c’est pour le public une nouvelle découverte. De fait, ce n’est pas la première personne impliquée dans le drame que le SBU arrête dans le plus grand secret. Un ancien responsable d’une brigade de défense anti-aérienne a été capturé dans une opération spéciale menée en plein coeur des territoires séparatistes au printemps. Le SBU a confirmé l’arrestation, mais n’émet pas de commentaire sur l’affaire. Le mystère qui plane autour de ces opérations serait justifié pour des questions de sécurité. Il n’empêche que la réputation du SBU n’est plus à faire en matière d’enquêtes falsifiées et de preuves douteuses. Se pose ainsi la question de ce que les services de sécurité ukrainiens savent réellement sur le drame du MH17, qui pourrait aider à traduire les coupables en justice.

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