RFI : Au Kirghizstan, une chasse aux sorcières écrase l’opposition

 Les arrestations de partisans de l’ancien président Almazbek Atambaeïv se multiplient depuis son placement en détention provisoire le 8 août dernier. L’opération avait duré presque 24 heures et fait un mort et plus d’une centaine de blessés. Accusé entre autre de corruption, l’ancien chef d’État nie les faits et accuse son successeur Sooronbaï Jeenbekov de vouloir le faire tomber. Alors qu’Atambaïev était son seul opposant, les observateurs craignent une dérive autoritaire.

Par Clara Marchaud

Diffusé le 16/08/2019 sur RFI

Après l’arrestation spectaculaire d’Almazbek Atambaïev, le calme est revenu au Kirghizstan. Un calme de façade cependant, car en politique, c’est le grand ménage. Les partisans d’Atambaïev sont arrêtés un à un, de son plus fidèle conseiller, à ses soutiens dans le parti du président actuel. 

Les deux hommes ont en effet longtemps appartenu au même parti. C’est même Atambaïev qui a porté à la présidence son successeur lors des élections de 2017. Le poulain s’est pourtant vite transformé en rival. 

Une fois au pouvoir, Jeenbekov a démis de leurs fonctions plusieurs hauts fonctionnaires proches de l’ancien chef d’état. Mais la plus grande trahison a été la levée de l’impunité présidentielle d’Atambaïev et son inculpation pour corruption en juin.  

La guerre politique ouverte entre des deux hommes inquiète les observateurs. Depuis l’indépendance, la compétition entre les différents oligarques préserve la république de l’autoritarisme. Mais avec l’arrestation d’Atambaïev, l’opposition est réduite à néant, laissant le pays le plus démocratique d’Asie centrale dans l’incertitude.

Leave a Reply

%d bloggers like this: