Mediapart: L’Ukraine, véritable obsession de Donald Trump

Rien n’indique pour l’instant que Volodymyr Zelenskyy ait voulu accéder à la “faveur” formulée par Donald Trump. Le président ukrainien est avant tout dépassé par une affaire entamée en 2016 – et qui pourrait le plonger dans le piège des affrontements partisans qui déchirent Washington.

Article publié sur le site de Mediapart, le 28/09/2019

La révélation du signalement d’un lanceur d’alerte, dans lequel Donald Trump demande l’aide de l’Ukraine pour la présidentielle de 2020, est le dernier épisode d’une longue série dans laquelle Kiev se retrouve, bien malgré elle, au cœur des scandales politiques américains. Une position inconfortable pour un pays coincé entre l’ingérence russe et la force de frappe de Washington.

Il se sent « très calme ». En déplacement à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 25 septembre dernier, Volodymyr Zelenski se retrouve pourtant propulsé au cœur d’un tsunami politique américain. La veille, le parti démocrate a engagé une procédure de destitution à l’encontre du président Trump en raison de pressions que celui-ci aurait exercées sur son homologue ukrainien. Pour autant, ce dernier, un comédien de carrière élu après un raz-de-marée électoral en avril, veut surtout « ne pas [s]’immiscer dans la politique électorale américaine ». Lors de sa première rencontre officielle avec le locataire de la Maison Blanche, devant une nuée de journalistes, il plaisante même sur la transparence de leurs échanges. Et d’insister : « Personne n’a fait pression sur moi. »

Volodymyr Zelenski marche néanmoins sur des œufs. La publication des notes d’un entretien téléphonique, en date du 25 juillet, a bel et bien démontré que Donald Trump lui a demandé une « faveur » : « regarder » le cas de Hunter Biden, fils de l’ancien vice-président de Barack Obama et potentiel concurrent de Donald Trump à l’élection de 2020. Un scandale qui risque de contraindre Volodymyr Zelenski à l’impensable : prendre position dans les affrontements partisans qui déchirent Washington.

Aussi le maître de Kiev se montre courtois, tant dans les notes de la conversation téléphonique que lors de la rencontre avec Donald Trump. « On ne peut pas attendre d’un des présidents les moins influents au monde qu’il adopte une position ferme ou manque de politesse face à l’une des personnes les plus puissantes de la planète », commente l’historien et politologue Alexander Motyl. D’autant que Volodymyr Zelenski est en premier lieu victime d’une affaire qui le dépasse, entamée en 2016.

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