Religioscope: Dans le centre de l’Ukraine, un Roch Hachana “unique”

“No man’s land de la culpabilité”, “Pèlerinage de la bonne humeur”… Pourquoi une petite ville au coeur d’une Ukraine majoritairement chrétienne orthodoxe attire chaque année des dizaines de milliers de pèlerins juifs?

Reportage diffusé sur le site de Religioscope, le 11/10/2019; photos d’Oksana Parafeniuk

À l’occasion du Nouvel An juif, des dizaines de milliers de pèlerins, venus du monde entier, convergent vers une ville ukrainienne où se trouve la tombe du rabbin Nahman. Ils témoignent à la fois de l’attrait universel du message de ce maître spirituel et du renouveau du judaïsme en Ukraine. Sébastien Gobert nous entraîne à la découverte de ce rassemblement.

Hasidic pilgrims pray near the river not far from the grave of Rebbe Nachman of Breslov on September 30, 2019 in Uman, Ukraine. Tens of thousands of Hasidim come to the holy place in Uman every year to pray and celebrate Rosh Hashanah, also known as the Jewish New Year.

“Ce que nous faisons ici? Nous nous posions exactement la même question”. Les amis de Benjamin se fendent d’un petit rire entendu. Vivant à Paris, ils n’ont jamais été curieux de découvrir l’Ukraine. Les voici pourtant à Ouman, une ville d’environ 85.000 habitants, dans le centre du pays. Ce n’est “pas la première fois”, confessent-ils. Et ils ne sont pas les seuls. Autour du petit groupe de Français, des milliers venus des quatre coins du monde déambulent dans les rues en priant, dansant et chantant, pour célébrer Roch Hachana, le Nouvel An juif. Ce 29 septembre au coucher du soleil a marqué le début de l’an 5780 du calendrier hébreu. Ouman avait une place toute particulière dans les festivités: c’est le premier centre de pèlerinage juif en dehors des frontières d’Israël.

“En fait nous répondons à une invitation”, explique le pèlerin Gabriel. Un sage nous a invités il y a plus de 200 ans à passer Roch Hachana avec lui. Il n’est plus là maintenant, mais nous sentons sa présence partout autour de nous”. Le rabbin Nahman de Bratslav, l’une des personnalités les plus importantes du mouvement doctrinaire hassidique, est considéré comme un tzaddik, un homme saint. Sa tombe, à quelques dizaines de mètres en contrebas, fait l’objet d’une attention hors du commun. Le kloyz (complexe religieux) qui l’abrite ne désemplit pas de fidèles, qui se pressent pour réciter leurs prières au contact du marbre de la tombe. “Moi je n’ai pas encore réussi à la toucher tant il y a de monde…”, commente Benjamin, presque amusé. “Mais je n’en ai pas besoin pour ressentir l’esprit d’Ouman Roch Hachana.”

Lire le reste du reportage ici (accès libre)

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