Le Courrier d’Europe centrale : Gergely Karácsony : « En tant que maire, je veux que Budapest devienne plus solidaire et écologique »

Cinq jours après une victoire majeure de l’opposition contre le Fidesz de Viktor Orbán à Budapest, son maire élu, Gergely Karácsony, a reçu Le Courrier d’Europe centrale pour un entretien exclusif. Propos recueillis par Ludovic Lepeltier-Kutasi.

À l’occasion des élections municipales, dimanche 13 octobre, Gergely Karácsony a battu le candidat du pouvoir, le maire sortant István Tarlós. Ce sociologue de 44 ans, chef de file du petit parti écologiste de gauche « Párbeszéd » et maire du quatorzième arrondissement de la capitale, a pris officiellement ses fonctions de maire de la capitale pour les cinq prochaines années. Quelles ont été les conditions de sa victoire ? Quel espoir fait-elle naître pour les opposants à Viktor Orbán ? Que compte-t-il faire pour Budapest ? La nouvelle figure de proue de l’opposition hongroise a répondu à nos questions lors d’un entretien d’une demi-heure, vendredi après-midi dans un café du treizième arrondissement.

Vous venez de remporter les élections municipales dans la ville de Budapest, tenue depuis 9 ans par le Fidesz. Ce résultat vous a-t-il surpris ?

Gergely Karácsony : Le résultat a surpris beaucoup de monde, y compris les instituts de sondage. Dimanche soir, j’étais à la fois fier d’avoir gagné les élections, mais aussi fier d’avoir bien anticipé la tendance. Il se trouve que j’ai moi-même longtemps travaillé dans le domaine des études d’opinion, et le dimanche du vote, après avoir mangé un morceau avec mon équipe dans une pizzeria, j’ai écrit sur une serviette que nous serions devant avec 49%. Finalement nous l’avons été avec 51%.

Même si j’étais convaincu que nous aurions la majorité au sein du conseil métropolitain, il y a des victoires qui m’ont surpris dans certains arrondissements. Je pense au huitième, où il s’est passé quelque chose d’assez fantastique : une équipe de campagne animée par des militants issus du monde associatif est parvenue à battre nettement le Fidesz dans un de ses bastions.

Votre élection survient dans le sillage de fortes mobilisations, de mouvements comme Nolimpia, ou les manifestations de l’hiver dernier. Pensez-vous que c’est l’aboutissement d’un processus, le résultat d’un mouvement plus profond ?

Ces facteurs ont tous contribué de manière importante à cette victoire. La société hongroise fonctionne par à-coups, par de soudaines prises de conscience collectives. Les manifestations de l’hiver dernier contre la « loi esclavagiste » en font indéniablement partie, car l’opposition a réalisé qu’elle pouvait rassembler ses forces autour d’un objectif commun. Si cette prise de conscience a été une étape indispensable sur le chemin du changement, elle n’était pourtant pas suffisante.

Lire l’entrevue intégrale dans Le Courrier d’Europe centrale

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