Liberation : Chez les nomades du Kirghizistan, la «terre brûle» déjà

Publié sur Libération, le 17 novembre 2019. Photos : Maxime Fossat.

Plus 1,2°C en vingt ans et jusqu’à 8°C de plus prévus d’ici à la fin du siècle au Kirghizistan. Dans ce petit pays d’Asie centrale, les nomades sont les plus vulnérables au changement climatique et tentent de s’adapter avec des bouts de ficelle.

Kenjébèk Soultangazeïev surveille au loin ses moutons qui paissent sur des collines vertes et lisses, parsemées d’immenses rochers. Le paysage semble figé depuis des siècles et pourtant, ce berger nomade de 43 ans voit depuis quelques années sa terre évoluer. Près de sa yourte, la rivière qui approvisionne sa famille en eau n’est plus qu’un ruisseau. «Là, il y a un peu plus d’eau parce qu’il vient de pleuvoir, mais avant il fallait la traverser en deux pas», précise-t-il en montrant le filet d’eau de quelques centimètres de largeur. C’était la première pluie de l’été.

Le Kirghizistan est un pays montagneux flanqué entre les steppes centrasiatiques et les chaînes de montagnes du Pamir et du Tien Shan. Le pâturage de Kenjébèk se trouve au sein de cette dernière, dans la région de Naryn, dans le sud-est du pays. Frontalière avec la Chine et connue pour son climat rigoureux, elle est la moins peuplée et la plus montagneuse de la jeune République.

Avec son cheptel de près d’un millier de bêtes, Kenjébèk a rejoint ce plateau au terme d’une transhumance de plusieurs jours au mois de mai, pour y rester jusqu’en septembre avec sa famille. Comme des milliers d’autres Kirghiz, le berger change de lieu de vie à chaque saison. Les pâturages d’été sont les plus éloignés ; ceux d’hiver, dans la vallée près de son village de Djergué-Tal. Bien qu’il ait une petite maison dans la bourgade de 3 600 habitants, il vit dans une yourte la plupart de l’année.

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