RFI: Protestations violentes contre le négoce des terres en Ukraine

17 blessés dont 2 graves, 26 arrestations, des heures d’affrontement et un Parlement bloqué. Avec la “réforme de la terre”, c’est la 1ère fois que Volodymyr Zelenskyy se confronte à des violences de rue, et à une opinion publique largement défavorable.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 18/12/2019

Affrontement sévère entre la police et des manifestants nationalistes à Kiev devant le Parlement, doublé par des dizaines de barrages routiers à travers l’Ukraine. Les députés examinaient hier des amendements à un texte de loi qui prévoit d’autoriser le vente de la terre dans le pays. Le négoce du foncier n’existe plus l’introduction d’un moratoire temporaire en 2001. Aussi la réforme voulue par le président Zelenskyy est historique – au moins 30 millions d’hectares de terres arables seraient ouverts au négoce. Mais l’initiative est très controversée. A Kiev, Sébastien Gobert

17 blessés dont deux graves, 26 arrestations, et des heures d’affrontement. Des centaines de militants nationalistes ont marqué leur opposition à la levée du moratoire sur la vente des terres en Ukraine. Pour leur chef de file Andriy Biletskiy, l’ouverture du marché foncier ne profitera qu’aux oligarques, et aux investisseurs étrangers.

Andriy Biletskiy: Ce n’est pas une loi pour vendre la terre, mais pour la voler. Vendre la terre en temps de guerre, c’est encore plus de dangers pour le pays. Vendre la terre alors que le cadastre n’est pas complet, c’est exposer les communautés rurales aux “raids corporatifs”. L’Etat va perdre des milliers d’hectares dans le processus, tout simplement parce qu’ils ne seront pas comptabilisés. Nous ne pouvons pas accepter cela, car la terre, c’est la dernière richesse qu’il nous reste ici en Ukraine. Tout le reste nous a déjà été volé.

Ces nationalistes dans le centre de Kiev sont aidés par les sondages, qui montrent que plus de 60% des Ukrainiens sont opposés à la réforme qu’ils jugent mal préparée et trop risquée. Selon eux, les petits exploitants n’auront pas les possibilités financières de s’opposer aux plus riches.

Le gouvernement multiplie les déclarations rassurantes, et promet une série de gardes-fou et des mécanismes de soutien aux agriculteurs. La question de l’accès des étrangers au marché de la terre n’est d’ailleurs pas inclus dans la loi, Volodymyr Zelenskyy souhaitant la régler par référendum. Mais rien n’y fait: les autorités semblent mal engagées dans la bataille pour l’opinion publique.

Ihor Neofita est un agriculteur. Il a fait le déplacement à Kiev.

Ihor Neofita: Nous constatons que le gouvernement ne nous écoute pas. Zelenskyy l’ancien comédien avait juré de toujours écouté le peuple. Mais non.

Dans l’hémicycle, les députés d’opposition ont bloqué la tribune et empêché les travaux parlementaires. Les détracteurs de la réforme réclament un référendum pour trancher la question. De son côté la majorité présidentielle souhaite adopter la loi avant la fin de l’année. C’est la première fois que Volodymyr Zelenskyy se confronte à une opinion publique largement hostile. C’est un bras de fer qui promet de nouvelles journées de tensions.

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