RFI : La Géorgie et ses alliés occidentaux accusent le GRU russe de cyberattaque

Papier diffusé sur RFI le 20 février 2020

La Géorgie affirme ce jeudi 20 février que la cyberattaque dont elle a été victime en octobre dernier avait été conduite par le service de renseignement militaire russe, le GRU.

Environ 15 000 sites internet géorgiens, dont ceux de la présidence, de tribunaux et de médias, avaient été touchés. Les sites visés affichaient une photo de l’ex-président Mikheïl Saakachvili, honni du pouvoir russe comme du pouvoir géorgien actuel, accompagnée de l’inscription en anglais « I’ll be back » (« Je reviendrai »)

La plaisanterie inquiète à Tbilissi, indique notre correspondant Régis Genté. Non seulement parce que le pays a déjà subi des attaques similaires au moment de la guerre russo-géorgienne de l’été 2008, mais aussi parce que d’autres ex-républiques soviétiques en ont été victimes. C’est le cas de sites web estoniens en 2007 ou du réseau électrique ukrainien en 2015. La cyberattaque montre aussi que la politique d’apaisement menée par le gouvernement actuel envers la Russie ne la prémunit pas des agressions de cette dernière.

Washington et Londres accusent la Russie

« La Géorgie condamne cette cyberattaque qui va à l’encontre des normes et des principes internationaux », ajoute Tbilissi alors que Londres et Washington ont aussi accusé, dans des communiqués distincts, Moscou d’être derrière l’attaque informatique.

« La campagne de cyberattaques dangereuse et sans vergogne du GRU contre la Géorgie, une nation souveraine et indépendante, est totalement inacceptable », a ainsi déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab dans un communiqué. « Le gouvernement russe a le choix : poursuivre cette attitude agressive envers d’autres pays ou devenir un partenaire responsable qui respecte le droit international ».

Le département d’État américain a lui évoqué des « cyberattaques généralisées » contre plusieurs milliers de sites web en Géorgie, estimant que ces opérations ont visé « à semer la division, à créer l’insécurité et à saper les institutions démocratiques ». Washington a appelé la Russie à « cesser ce comportement en Géorgie et ailleurs ».

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