Orient XXI : Syrie. Lutte d’influence entre Moscou et Téhéran

Article publié sur Orient XXI le 17 mars 2020

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Recep Tayyip Erdoğan et Vladimir Poutine ont conclu, le 5 mars 2020, un accord de cessez-le-feu sur la Syrie. Mais l’avenir de ce pays risque de dépendre des relations conflictuelles entre Moscou et Téhéran, unis dans leur soutien à Bachar Al-Assad, mais dont les intérêts ne coïncident pas.

À Moscou, les observateurs de la politique russe au Proche-Orient ne se laissent guère impressionner par les coups de gueule de Recep Tayyip Erdoğan. C’est l’Iran que l’on semble davantage redouter dans le dossier syrien. Certes, le président turc ne feint pas la colère après la mort d’une quarantaine de soldats dans la poche d’Idlib et à la perspective d’une défaite qui serait synonyme de marginalisation d’Ankara dans les négociations sur le futur de la Syrie. Avec cette obsession de ne pas laisser se former une entité kurde aux portes de la Turquie. Cependant, malgré l’extrême tension de la fin février 2020, on estime généralement dans la capitale russe que le dialogue sera maintenu entre Moscou et Ankara. Ce que l’accord du 5 mars conclu au sujet d’Idlib entre Poutine et Erdoğan confirme. « Le Kremlin parvient à discuter avec la Turquie. Entre autres parce que la relation est aussi économique, énergétique et stratégique. Avec les Iraniens, c’est plus complexe, la Syrie est au cœur de leur stratégie et il n’est pas question de sortie de crise pour eux », souligne Léonid Issaïev, spécialiste du Proche-Orient à la Haute École d’économie de Moscou.

À Idlib, « Moscou reste fidèle à ses engagements de départ de soutenir Bachar Al-Assad et de combattre jusqu’au bout Hayet Tahrir Al-Sham1 », explique Kirill Semenov, chroniqueur à Al Monitor et expert du Conseil russe des affaires étrangères. Un engagement déterminé, l’aviation russe apportant à Idlib un soutien qui pourrait s’avérer décisif aux troupes au sol des forces mobilisées par l’Iran et à celles loyales à Damas. Moscou et Ankara se disputent quant à la légitimité de leurs interventions dans l’enclave du nord-ouest de la Syrie. La première reproche à la seconde de ne pas avoir su tenir sa promesse de désarmer Hayet Tahrir Al-Sham, tandis que les Turcs dénoncent la reprise une à une des zones de désescalade créées en mai 2017 à Astana (Rastana, Deraa et la Ghouta orientale). Idlib est la dernière de ces zones, où l’on a laissé se réfugier les combattants et leurs familles vaincus dans les autres poches.

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