Le Courrier d’Europe Centrale: récits de capitales confinées (ou non)

De Prague à Moscou en passant par Kiev, et de Varsovie à Budapest en passant par Bratislava, nos correspondants témoignent de la vie suspendue par la propagation de l’épidémie causée par le coronavirus et de la crise sanitaire qui couve.

Contribution de Sébastien Gobert, écrit le 18/03/2020, à un recueil de témoignages des correspondants du Courrier de l’Europe centrale, publié le 24/03/2020

De Prague à Moscou en passant par Kiev, et de Varsovie à Budapest en passant par Bratislava, nos correspondants témoignent de la vie suspendue par la propagation de l’épidémie causée par le coronavirus et de la crise sanitaire qui couve.

A Kiev, ce 18 mars, le premier jour de quarantaine se vit en dilettante. La plupart des cafés et restaurants sont effectivement fermés, mais quelques cafés ouvrent toujours leurs portes pour servir des clients. Dans la rue, néanmoins. Les transports publics fonctionnent au ralenti. Malgré les injonctions des autorités, on voit des tramways et des bus remplis de bien plus que 10 ou 20 personnes. Beaucoup d’entre elles ne portent pas de masques de protection. Comme souvent, la réalité désinvolte de la rue tranche avec le ton inquiet des déclarations officielles. Le président Zelenskyy a ainsi annoncé un état d’urgence dans plusieurs régions, fermé les frontières, découragé les voyages à l’intérieur du pays, interrompu toute liaison aérienne avec l’étranger sauf pour rapatrier des Ukrainiens de l’étranger, et averti de sanctions pour ceux qui entraveraient les mesures de confinement, ou causeraient des risques à la santé d’autrui.

Mais comment faire appliquer ces dernières ? Et surtout, comment convaincre du danger d’un virus invisible, lointain, aux effets encore incertains sur l’homme, auprès d’une population post-soviétique traumatisée par une déliquescence du système de santé, la corruption et les mensonges des autorités, l’absence de la moindre référence morale ? Dans un pays où se dresse encore la cheminée radioactive du bloc 4 de la centrale de Tchernobyl, on n’a jamais su la différence entre le nombre de personnes officiellement mortes de la catastrophe nucléaire, et le nombre de personnes décédées « simplement ». Sida, tuberculose, hépatite, cancer, ont beau être des fléaux connus et précisément recensés sur la planète, ils ne cessent d’échapper aux statistiques ukrainiennes, ce qui convertit, d’année en année, de plus en plus d’Ukrainiens aux thèses des anti-vaccins. Alors, le « nouveau coronavirus COVID-19″… Personne ici ne semble croire aux 14 cas officiellement dépistés, dont 2 ont déjà péri.

Lire la suite du témoignage, et les autres récits, sur le site du Courrier d’Europe Centrale!

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