La Croix : en Ukraine, Pâques sous le signe du coronavirus

Article publié sur le site de La Croix le 17 avril 2020.

Analyse. Les autorités ukrainiennes ont renoncé à fermer les églises pour la Pâque orthodoxe, mais tentent de dissuader les fidèles de se déplacer. Le monastère Laure des Grottes de Kiev, siège du Patriarcat de Moscou en Ukraine, est devenu le premier foyer d’infection dans la capitale.

Fabrice Deprez (Kiev, de notre correspondant), le 17/04/2020

Après plusieurs semaines difficiles, Pavlo Drone se permet de souffler, prudemment : la situation semble s’être stabilisée dans son district de Monastyryskyi, une circonscription de la région de Ternopil, dans l’ouest de l’Ukraine, devenu l’un des épicentres de l’épidémie de Covid-19 dans le pays.

« Il y a trois semaines, nous n’avions rien », se rappelle au téléphone cet officiel en charge de la lutte contre l’épidémie de coronavirus à Monastyryskyi. « Mais la situation s’est améliorée, on a reçu des ventilateurs et des équipements de protection pour notre personnel médical. » Au 10 avril, cette commune aujourd’hui quadrillée par cinq barrages routiers concentrait 133 des 196 cas de la région, alors que le pays dans sa totalité ne comptait que 2 203 cas confirmés (et 4 161 au 16 avril).

Mais comme le reste de l’Ukraine, Monastyryskyi doit encore passer une épreuve redoutée : la Pâque orthodoxe, célébrée chaque année par plusieurs millions de fidèles. La crainte d’une flambée des infections causée par la fête religieuse est vive, car la transmission est dans le pays souvent passée par les églises. À Ternopil, un enterrement réalisé le 9 mars par un prêtre contaminé a ainsi marqué l’un des points de départ de l’infection dans la région.

Les autorités ont pourtant renoncé à ordonner la fermeture des églises pour Pâques, préférant encourager les fidèles à ne pas se déplacer en soutenant la retransmission des messes à la télévision et sur les réseaux sociaux. « C’est la bonne décision, on peut pratiquer notre foi à la maison », pense Roman, un jeune homme d’affaires venu prier à la cathédrale Saint-Vladimir de Kiev quelques jours avant Pâques, « tant qu’il n’y a pas trop de monde ».

Pour les récalcitrants, une série de mesures – pas toujours appliquées lors du dimanche des Rameaux – a été mise en place : masque obligatoire dans les églises, deux mètres de distance entre chaque fidèle et pas plus de 10 personnes par église.

Retrouvez la suite de cet article sur le site de La Croix.

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