RFI: Des entrepreneurs ukrainiens exigent un allègement du confinement

Alors que l’Ukraine s’approche des 50 jours de confinement, l’urgence économique se fait sentir pour des petits entrepreneurs. Ils dénoncent un favoritisme injustifié du gouvernement.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 30/04/2020

En Ukraine, près de 10000 personnes ont été testées positifs au Covid-19. 250 personnes en sont mortes. Des chiffres qui sont bien en-deçà des situations en Europe occidentale. Mais le pays a imposé, comme ailleurs sur le continent, des mesures de confinement strictes. Les effets économiques commencent à se faire sentir dans le pays le plus pauvre d’Europe en termes de PIB par habitant. Des entrepreneurs exigent du gouvernement la possibilité de reprendre leur activité. Depuis Kiev, Sébastien Gobert

“Je n’ai pas de pain depuis deux mois, et eux ils s’engraissent sur le budget?” Equipés de masques médicaux et de gants, plusieurs centaines d’entrepreneurs ont manifesté devant le siège du gouvernement ce mercredi. Ils dénoncent l’inactivité qui leur est imposée alors que les grandes corporations et les restaurateurs avec des amis haut placés continuent à travailler. Au contraire de mouvements qui agitent d’autres pays touchés par la pandémie, les manifestants ne nient pas le danger du Covid-19, et assurent vouloir respecter des règles d’hygiène et de distanciation sociale très strictes en rouvrant leurs entreprises, magasins et restaurants. Il s’agit ici d’une urgence économique. Le statut de petit entrepreneur est très répandu en Ukraine. Après quasiment 50 jours de confinement, la situation est donc vécue comme un drame par des millions de personnes à travers le pays. Selon de récentes études, entre 30% et 40% des Ukrainiens n’ont pas ou peu d’économies pour survivre sans revenu. Or déjà 14% des actifs ont perdu leur travail. Seuls 25% parviennent à travailler à distance et à maintenir leur niveau de rémunération. Le gouvernement a certes décrété des mesures d’aide, mais pas assez à en croire les manifestations organisées dans plusieurs régions du pays. Le 1er ministre n’en démord pas: il attend un pic de contagion début mai, et refuse d’alléger le confinement avant l’apaisement de l’épidémie. Dans le même temps, il ne cache pas que les conséquences économiques seront très difficiles à assumer: le FMI a évoqué une chute de plus de 7 points de PIB en 2020.

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