La Croix : En Biélorussie, les usines nouveaux fronts de la contestation

Article publié sur le site de La Croix le 14/08/2020

Analyse. La principale opposante Svetlana Tsikhanovskaïa a appelé à des manifestations ce week-end alors que des débrayages ont eu lieu dans plusieurs entreprises d’État. Après plusieurs jours de répression, le régime tente lui de calmer le jeu.

Fabrice Deprez, le 14/08/2020

« Je suis encore vivant, je ne suis pas à l’étranger ». Alexandre Loukacheno, réélu dimanche 9 août président de la Biélorussie au terme d’une élection falsifiée, se voulait sarcastique vendredi 14 août, alors que son gouvernement tentait de rétropédaler après une semaine de brutale répression. Les autorités ont annoncé la libération de plus 2 000 personnes à travers le pays.

Le ministre de l’intérieur Youri Karaev avait aussi le soir précédent présenté ses excuses aux « passants arrêtés par erreur », tout en continuant de démentir toute violence contre les manifestants. Une affirmation peu crédible alors qu’une vague de témoignages et de photographies sont venues confirmer la brutalité des forces de sécurité dans les centres de détentions, où des dizaines de prisonniers arrêtés pendant les manifestations ont été passés à tabac.

Grèves et débrayages

Plus inquiétant pour le régime, les déclarations de grève et débrayages d’ouvriers se sont aussi multipliés ces derniers jours dans les entreprises d’État du pays. Réunis devant les grilles de Grodno Azot, dans l’Ouest du pays, plusieurs centaines d’employés ont ainsi protesté vendredi contre l’élection de Loukashenko.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un des ouvriers demander au micro « qui a voté pour Tsikhanovskaïa ? », la principale opposante aujourd’hui exilée en Lituanie, avant qu’une forêt de mains ne se lève et que des applaudissements n’éclatent. La scène s’est répétée dans plusieurs entreprises du pays, parfois lors de face-à-face tendus avec des directeurs de productions ou des officiels locaux.

Un « triple cauchemar »

Usine de tracteurs de Minsk, usine métallurgique de Biélorussie ou encore la raffinerie Nafta : elles sont au moins une trentaine d’entreprises étatiques à avoir vu ces derniers jours des déclarations de grève et débrayages d’ouvriers en soutien aux manifestants et en opposition au président. L’enjeu est majeur, tant une grève d’ampleur serait un « triple cauchemar » pour Loukashenko, analyse depuis Minsk le politologue Alexandre Papko.

Vous pouvez lire la suite de cet article sur le site de La Croix.

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