LDDP: L’Oural hallucinatoire des Petrov

« Il suffisait à Petrov de prendre le trolleybus pour se faire aussitôt assaillir et importuner par des fous ». L’incipit du roman d’Alexeï Salnikov présage un récit échevelé, jalonné de rencontres impromptues. Bien que né à Tartu, en Estonie, Alexeï Salnikov est un écrivain enraciné dans l’Oural où il a d’abord exercé différents métiers techniques. Paru en 2017, son roman Les Petrov, la grippe etc., raconte quelques jours du mécanicien Petrov embrumés par l’alcool, la fièvre et les souvenirs d’enfance. La traduction française a été publiée cet été aux éditions des Syrtes. Entretien.

Par Étienne Bouche

Publié le 09/11/2020 sur La Dame de Pique.

Avant d’acquérir la notoriété avec Les Petrov, vous avez travaillé comme opérateur de chaufferie, mécanicien de garage ou encore plombier. Que vous ont apporté ces expériences sur le plan littéraire ?

A cette époque, j’écrivais essentiellement de la poésie car c’était la forme qui se prêtait le plus à mon quotidien. Il faut s’imaginer à quoi ressemblait une chaufferie près de Nijni-Taguil, dans l’Oural, à la fin des années 1990 : dans un état de déliquescence qui nous contraignait régulièrement à l’évacuer. Nous avions des problèmes avec les appareils et devions constamment surveiller le niveau d’eau, ce que nous n’étions théoriquement pas censés faire. C’était plus calme l’été et nous avions, de fait, plus de temps. J’écrivais, sans arrière-pensées. Puis j’ai rencontré Vladimir Tourenko, un poète admirable d’Ekaterinbourg, et c’est grâce à lui que tout a commencé. Mes premiers écrits ont été publiés directement dans une revue.

Entretien à lire en intégralité sur La Dame de Pique.

Photo: L’auteur Alexeï Salnikov © Éditions des Syrtes

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