RFI: A Kiev, Mikheil Saakachvili dans son village d’irréductibles

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 25/10/2017

La tension est montée d’un cran, mardi 24 octobre, à Kiev. Mikheil Saakachvili, ancien Président de Géorgie, aujourd’hui farouche opposant au président Petro Porochenko, serait en passe d’être extradé en Géorgie. Il s’est réfugié dans un camp de tentes devant le Parlement, tenu par ses partisans, principalement des vétérans de guerre. Mikheil Saakachvili appelle à une nouvelle manifestation ce 25 octobre. A Kiev, Sébastien Gobert

L’installation de tentes était présentée comme un “camp révolutionnaire” depuis le 17 octobre. Avec Mikheil Saakachvili, c’est désormais le village des irréductibles. L’ancien Président de Géorgie a annoncé qu’il emménageait parmi ses fidèles après s’être vu refuser le statut de réfugié en Ukraine. Il est menacé d’extradition vers sa Géorgie natale, où il est recherché par la justice.

En Ukraine, le Procureur Général Iouriy Loutsenko l’a d’ores et déjà accusé de fomenter un coup d’Etat, et de recevoir des financements de l’étranger. “Je le démontrerai, preuves à l’appui, le moment venu”, a-t-il assuré dans une formulation ambigüe. Mikheil Saakachvili a certes appelé Petro Porochenko à la démission mais rien ne prouve qu’il soit déterminé à prendre le pouvoir par les armes. Ce qui est sûr, c’est qu’il est soutenu par des paramilitaires nationalistes aguerris, et prêts à en découdre. Un de ces groupes, l’OUN, a d’ailleurs mis à sac un tribunal de Kiev pour en libérer un des leurs. Manifestations aux abords de la Verkhovna Rada et échauffourées au tribunal ne sont pas clairement liés. Mais le message est clair: le risque d’une radicalisation violente de ces groupes paramilitaires est réel.

Mikheil Saakachvili manque pourtant de soutien populaire, et ses partenaires politiques gardent leurs distances. La plateforme réformatrice à l’origine du mouvement du 17 octobre est ébréchée, et le pouvoir concentre ses attaques sur Mikheil Saakachvili. 20 de ses assistants géorgiens, très proches de lui pendant son passage à la tête de la région d’Odessa, viennent d’être expulsés d’Ukraine. Petro Porochenko est aussi passé à l’offensive, en dénigrant ces “30-40 personnes (devant la Verkhovna Rada, ndlr.) qui s’auto-proclament un mouvement national”. La manifestation d’aujourd’hui, et la mobilisation des jours suivants, constitueront un test politique pour l’opposition à Petro Porochenko. Mikheil Saakachvili, lui, y joue son avenir, et peut-être sa liberté.

 

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