BIP : Novatek : Léonid Mikhelson, le sage (série 1/6)

Article publié le 7 mars 2018 dans le BIP (Bulletin de l’Industrie Pétrolière)

Photo : © courtesy “Association Conoscere Eurasia”

RUSSIE : PORTRAITS POLITIQUES DES GRANDS PATRONS DU PÉTROLE ET DU GAZ (1/6)

Le fonctionnement spécifique de la Russie fait que le Kremlin cherche à s’assurer la « loyauté » des flux financiers générés par les secteurs stratégiques de son économie. D’où l’importance cruciale de comprendre comment le pouvoir « gère » les grands patrons du pétrole et du gaz russes, avec un traitement spécifique pour chacun d’entre eux.
Le premier « portrait politique » de notre série est consacré à Léonid Mikhelson, le président du groupe gazier privé Novatek, qui a su convaincre Vladimir Poutine de casser le monopole à l’exportation de Gazprom alors qu’il n’appartient pas au cercle rapproché du président.

EXTRAITS
Léonid Mikhelson serait l’homme le plus riche de Russie. Pourtant, il ne vient à l’idée de personne de parler de lui comme d’un « oligarque », et c’est pour cela qu’il nous est apparu important de commencer avec le président de Novatek notre série de « portraits politiques » des patrons du pétrole et du gaz russes, pour « casser » ce qui est devenu une habitude de langage. Car il n’est plus pertinent de parler d’« oligarchie » pour décrire le système politique russe. Léonid Mikhelson, qui détient autour de 28 % des parts de Novatek et 48,5 % de celles de l’entreprise de pétrochimie Sibur, en est la preuve vivante. Et ce, précisément parce que sa fortune, estimée à 18,2 milliards de dollars par Forbes, est bien le résultat de la façon dont M. Poutine gère politiquement les énormes poches d’argent générées par le secteur pétro-gazier russe… et de la façon dont M. Mikhelson a su mener sa barque. (…)

« Dans le contexte de l’arrivée au pouvoir de M. Poutine, c’est-à-dire de la volonté affichée de faire repasser les entreprises et actifs stratégiques du côté de l’État, ou du moins de les placer sous le contrôle de personnes affiliées au pouvoir, Mikhelson et Novatek se sont trouvés menacés par Gazprom », rappelle l’analyste politique Tatiana Stanovaya, interrogée par le BIP. Avec, entre autres, l’arrivée d’Alexeï Miller à la tête de Gazprom en 2001 et l’affaire Khodorkovski qui éclate en 2003, Mikhelson peut s’inquiéter. « La question, pour lui comme pour d’autres alors, est : comment survivre dans ce contexte de redistribution de la propriété ? Il a eu d’abord eu la sagesse de ne pas entrer en conflit avec Gazprom, malgré son hostilité déclarée, puis l’intelligence de comprendre qu’il avait besoin d’un protecteur issu du cercle de M. Poutine », explique l’expert de l’énergie Konstantin Simonov.  (…)

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