BIP : Rosneft : Igor Setchine, l’étatiste (série 3/6)

Article publié le 7 mars 2018 dans le BIP (Bulletin de l’Industrie Pétrolière)

Photo : © courtesy “Association Conoscere Eurasia”

RUSSIE : PORTRAITS POLITIQUES DES GRANDS PATRONS DU PÉTROLE ET DU GAZ (3/6)

Le fonctionnement spécifique de la Russie fait que le Kremlin cherche
à s’assurer la « loyauté » des flux financiers générés par les secteurs
stratégiques de son économie. D’où l’importance cruciale de comprendre
comment le pouvoir « gère » les grands patrons du pétrole et du gaz
russes, avec un traitement spécifique pour chacun d’entre eux.
Le troisième « portrait politique » de notre série est consacré à Igor
Setchine, le patron de Rosneft, souvent dépeint comme l’homme le plus
puissant de Russie après le président Poutine. En faisant de son entreprise
un mastodonte pétrolier public, il a doté la Russie d’un outil au service
de ses ambitions géopolitiques.

 

EXTRAITS
Vladimir Poutine semble tout passer à Igor Setchine. Arrestation d’un ministre (ce qui n’était pas arrivé en Russie depuis 1953), acquisitions agressives de fleurons de l’industrie pétrolière russe, bras de fer avec les hommes les plus puissants du pays (comme récemment Igor Tokarev, patron de Transneft), émission d’obligations au risque de faire chuter le rouble… Comment expliquer cela ? Certains devisent sur la personnalité de M. Setchine, 58 ans : un bulldozer, un homme brutal surnommé « Dark Vador », un ambitieux doublé d’un expansionniste. Mais cela ne suffit pas à expliquer comment l’homme a pu faire de Rosneft ce qu’elle est aujourd’hui, une entreprise
qui produit 6 % du pétrole brut mondial et pèse 65 milliards de dollars, soit plus que Gazprom.

(…)

Le point fort de M. Setchine, qui lui permet d’être là où il est aujourd’hui, c’est la loyauté sans faille dont il a toujours témoigné à l’égard de M. Poutine. Mais c’est aussi sa proximité mentale avec lui. Les deux ont défendu une thèse expliquant le rôle clé que doit jouer l’État dans l’économie russe. « Les deux hommes estiment que le marché n’a pas fonctionné [dans les années 1990] (…) Ce n’est pas l’entreprise privée en elle-même qui est à blâmer, c’est le manque de direction par l’État. La solution est un partenariat pragmatique public-privé, dans lequel l’État joue un rôle leader pour définir la stratégie », écrit Thane Gustafson dans son ouvrage Wheel of Fortune. Si Setchine est un étatiste, c’est en ce sens.

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