Religioscope: Ukraine : la figure controversée du Patriarche Philarète

Article publié sur le site de Religioscope, le 03/11/2018

Photo: Sadak Souici / Agence Le Pictorium

Dans la tourmente que provoque entre les Églises orthodoxes la décision du Patriarcat de Constantinople de soutenir la cause des évêques favorables à l’indépendance de l’Église d’Ukraine, un personnage joue un rôle central en Ukraine même : Mgr Philarète, à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Kiev. Dans cet article, Sébastien Gobert brosse son portrait.

“Je me bats pour l’autocéphalie (indépendance) de l’Église orthodoxe d’Ukraine depuis déjà 26 ans. Alors tant que Dieu me prête vie, je continuerai évidemment à la servir.” Philarète, chef de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Kiev, non reconnu jusqu’à maintenant par les Églises autocéphales orthodoxes, vit une consécration. Le 11 octobre 2018, la confirmation de la décision du Patriarcat œcuménique de Constantinople d’établir une Église autocéphale d’Ukraine est venue enfin légitimer sa politique d’émancipation du patriarcat de Moscou, amorcée en 1992.

Dans les jours qui suivent l’annonce de Constantinople, Philarète renonce à son titre de patriarche qu’il détenait depuis 1995. Ceci afin de “faciliter les négociations visant à la création d’une nouvelle Église d’Ukraine et l’élection d’un futur patriarche”, indique l’archevêque Zoria, porte-parole du patriarcat de Kiev. Loin d’être une démarche d’humilité, c’est encore une preuve de l’habileté tacticienne du dignitaire religieux. “Il ne fait pas de doute que Philarète veut être le premier patriarche de la nouvelle Église, et rien de moins,” assure Taras Antoshevskiy, directeur du portail RISU (Religious Information Service of Ukraine). “Il est d’ailleurs le mieux placé à l’heure actuelle.”

Philarète ne fait néanmoins pas consensus. Le métropolite Makariy, chef de l’Église autocéphale, elle aussi non reconnue et troisième composante de l’Orthodoxie en Ukraine (la première est l’Église autonome liée au Patriarcat de Moscou), regrette ainsi que les “positions du patriarche Philarète ne soient pas constructives” et redoute qu’elles compliquent la création d’une nouvelle Église unie. Dans un article sur Aleteia.org en date du 22 octobre 2018, le professeur émérite de l’Université Paris-Ouest Yves Hamant va plus loin : “le passé sulfureux de Philarète est un obstacle à la réunification”, assène-t-il. De fait, le parcours de Philarète est teinté de mystères et de controverses, de compromis et de revirements. Le parcours d’un homme de pouvoir, qui a l’ambition de jouer aujourd’hui un rôle historique.

Lire le reste de l’article ici (accès libre)

  1. Merci, Sébastien Gobert. C’est un papier très intéressant.

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