RFI : Tadjikistan: le groupe EI revendique une mutinerie meurtrière dans une prison

Entretien publié sur RFI le 13 novembre 2018

Mercredi 7 novembre, une mutinerie a éclaté dans une prison du Tadjikistan. Vingt-deux prisonniers et deux gardiens auraient été tués dans cette ex-république soviétique voisine de l’Afghanistan. Cette mutinerie a été revendiquée par le groupe Etat islamique.

 

Cela s’est passé dans la prison de haute sécurité n°3/3, à Khodjent, la deuxième ville du Tadjikistan, au nord du pays. Prison où sont incarcérés autour de 800 hommes, condamnés notamment pour terrorisme ou extrémisme religieux. On y trouve beaucoup de gens accusés d’avoir appartenu à l’organisation Etat islamique, mais aussi à des groupes bannis au Tadjikistan, comme le Hizb-ut-Tahrir.

La mutinerie aurait éclaté dans la nuit du mercredi au jeudi, du 7 au 8, donc, en impliquant des dizaines de prisonniers. Certains se seraient emparés d’« objets coupants » pris dans l’atelier de la prison. Et l’un d’eux, qui appartiendrait à l’EI, aurait même réussi à désarmer un gardien avant de commencer à tirer sur les gardes, selon des sources sécuritaires tadjikes qui ont parlé aux médias. Les forces spéciales appelées sur place ont mis plusieurs heures pour rétablir l’ordre.

Bien que le groupe Etat islamique se dise « responsable de l’attaque », il est difficile de dire quel crédit apporter à cette revendication, d’autant que les autorités tadjikes restent silencieuses. Pour l’heure, aucune information ne circule quant aux raisons de cette mutinerie. Personne ne peut dire si elle a été préparée ou si elle a éclatée de façon spontanée. Il n’est donc pas exclu que la revendication du groupe Etat islamique soit une revendication après coup.

Montée du jihadisme

Majoritairement sunnite, le Tadjikistan doit faire face à une montée de l’islamisme radical, notamment du fait de sa grande pauvreté et de l’autoritarisme du régime, qui a même interdit en 2015 le Parti de la renaissance islamique du Tadjikistan, pourtant légalisé après la terrible guerre civile des années 1992-1997.

On parle de plus de 1 000 Tadjiks qui ont rejoint les jihadistes en Irak et en Syrie. Un chiffre relativement important pour un pays de près de 9 millions d’habitants.

Plusieurs affaires ont défrayé la chronique ces dernières années. Comme la défection en 2015, au profit de Daech, du lieutenant-colonel Gulmurod Khalimov, le chef des forces spéciales du ministère de l’Intérieur du Tadjikistan. Et fin juillet dernier, quatre touristes étrangers ont été tués lors d’une attaque à la voiture puis au couteau, revendiquée elle aussi par le groupe Etat islamique.

Leave a Reply

%d bloggers like this: