France Culture: 44 candidats pour une élection de tous les records en Ukraine

Dans un pays en guerre, 44 candidats sont en lice pour une élection très disputée, et très incertaine.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur France Culture, le 10/02/2019

La campagne électorale bat son plein en Ukraine, en amont du premier tour le 31 mars prochain. Le président actuel Petro Porochenko joue sa réélection. Dans le contexte de la guerre avec la Russie, il se pose en rempart à un retour de l’Ukraine sous influence de Vladimir Poutine. Reste qu’il n’est pas sûr de l’emporter: le scrutin est très disputé. La commission électorale a publié sa liste officielle le 9 février: il y a 44 candidats. A Kiev, Sébastien Gobert

C’est l’élection de tous les records. 90 candidatures déposées, 44 retenues, dont 4 femmes, pour un scrutin que l’on dénonce déjà comme le plus cher, le plus populiste, et le plus frauduleux de l’histoire de l’Ukraine. 139 ONG et 6 organisations internationales sont enregistrées comme observatrices. Le nombre de candidats peut surprendre, dans un pays en guerre et encore sous le coup d’une grave crise économique. Il s’explique par le fait que la présidence de Petro Porochenko est très contestée, notamment à cause de sa concentration du pouvoir et de l’entretien de circuits de corruption. Parmi ses principaux concurrents, on trouve l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko, et l’acteur Volodymyr Zelenskiy. Celui-ci se présente comme le candidat anti-système et il est très populaire, tout en étant lié à un des plus gros oligarques du pays. Parmi les 41 autres candidats, on trouve des criminels tentant de bénéficier d’une immunité électorale, des pro-russes divisés, et des candidats dits “techniques”, chargés de créer des diversions. On compte ainsi deux candidats sous le nom de Timochenko, une tactique classique pour induire les électeurs en erreur une fois qu’ils se trouvent face au bulletin de vote. Certains de ces candidats techniques peuvent décider d’interrompre leur campagne, une fois leur objectif de diversion atteint. La date limite pour renoncer à sa candidature est le 7 mars. Le corps électoral est enfin une autre grande inconnue du scrutin. Compte tenu de l’émigration de masse et des déplacements causés par la guerre, on ne sait pas encore combien d’électeurs se rendront aux urnes. Et s’ils s’y rendent, quel sera leur choix? Plus de 50% d’entre eux sont encore indécis, à 6 semaines du vote.

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