RFI: 5 ans après l’annexion, la Crimée de retour dans la campagne présidentielle ukrainienne

“Nous récupérerons la Crimée”. Le slogan est sur les lèvres de la plupart des candidats. Aucun ne précise néanmoins comment le faire.

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 18/03/2019

L’Ukraine commémore les 5 ans de l’annexion de la péninsule de Crimée, actée le 18 mars 2014. En plus de la guerre dans l’est du pays, qui a causé plus de 13000 morts, la perte de la péninsule est la source d’un traumatisme durable. Des milliers de personnes, dont beaucoup de Tatars de Crimée, une minorité de tradition musulmane, vivent en exil. Le conflit parait toujours sans issue, mais la question est instrumentalisée dans le contexte de l’élection présidentielle du 31 mars. A Kiev, Sébastien Gobert

“Nous récupérerons la Crimée”. La promesse est comme un slogan incontournable pour la plupart des candidats à la présidentielle. Tous jurent que la Crimée sera de nouveau ukrainienne, mais aucun d’eux ne précise comment le faire. Le président Petro Porochenko est soutenu dans sa course à la réélection par la Mejlis, le conseil représentatif des Tatars de Crimée, qui espère des avancées. Petro Porochenko n’a pourtant rien pu obtenir de Moscou depuis 5 ans. Ce qui ne l’empêche pas de promettre des résultats “dès que l’élection sera passée”. Ses adversaires sont plus prudents, et évoquent des négociations internationales sans doutes longues et compliquées. Les électeurs n’iront néanmoins pas voter en fonction de cette promesse. Car la majorité croit qu’il faut d’abord mettre fin à la guerre dans l’est avant de récupérer la péninsule. Les perspectives sont donc très hypothétiques. Même des questions très pratiques ne peuvent pas être discutées entre Kiev et Moscou, comme le transport, le commerce ou la gestion d’une récente catastrophe industrielle. 5 ans après, les Ukrainiens ont trouvé des alternatives à la Crimée, en développant d’autres parties de leur littoral pour le tourisme. L’annexion n’est plus une préoccupation du quotidien, même si le retour de la péninsule est bien une priorité politique.

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