RFI: Le Parlement ukrainien fait un pas vers l’ouverture du marché de la terre

“Serviteurs du diable” pour les uns, réformateurs historiques pour les autres, les députés de la majorité présidentielle de Volodymyr Zelenskyy semblent très prêts de lever un moratoire “temporaire”, imposé en 2001

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 14/11/2019

Vote historique au parlement ukrainien dans une atmosphère très tendue pour ouvrir le marché de la terre en 2020. la majorité parlementaire du président Volodymyr Zelenskyy a voté en première lecture pour lever un moratoire sur le négoce de lopins de terre imposé depuis 2001. La réforme est considérable pour l’avenir d’un grand pays agraire comme l’Ukraine, les observateurs s’attendent à une hausse du PIB de 2%. Les critiques craignent, de leur côté, que l’essentiel des terres ne soient accaparées par des oligarques et étrangers. Depuis Severodonetsk, Sébastien Gobert

C’est l’un des serpents de mer de la politique ukrainienne depuis près de 20 ans. Il a fallu la majorité absolue de Volodymyr Zelenskyy et une forte insistance des bailleurs de fonds occidentaux pour parvenir à lever le moratoire sur la vente des terres, tout du moins en première lecture. Le projet de loi doit repasser au Parlement pour un vote en seconde lecture. Selon les promoteurs de l’initiative, celle-ci devrait revitaliser les zones rurales, permettre aux agriculteurs de planifier des cultures sur la durée, et de faciliter l’accès au crédit bancaire. L’opposition craint en revanche que les plus riches des oligarques et investisseurs étrangers comme les Chinois, les Saoudiens ou les Russes ne raflent l’essentiel du tchernozem, la très riche terre noire d’Ukraine. Cette question, Volodymyr Zelenskyy promet de la soumettre à référendum dans l’année qui vient. De fait, le marché de la terre ne verra pas le jour tout de suite. Les conditions techniques élémentaires ne sont pas respectées, comme l’établissement d’un cadastre transparent ou d’un mécanisme de régulation des prix. Entre espoirs fantaisistes et critiques passionnées, les législateurs ont jusqu’à octobre 2020 pour définir le cadre d’un marché d’au moins 32 millions d’hectares de terres arables.

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