Coronavirus et libertés : en Hongrie, Viktor Orbán s’arroge les pleins pouvoirs

Le parlement a voté lundi pour donner des pouvoirs exceptionnels au chef du gouvernement, Viktor Orbán, dans la lutte contre l’épidémie causée par le coronavirus.

Par Corentin Léotard, Budapest.

En Europe centrale et orientale, dans le Caucase, dans les Balkans : la crise sanitaire causée par le coronavirus est parfois une aubaine pour réduire les libertés individuelles et publiques. Daleko-Blisko fait un tour d’horizon des situations les plus sensibles.

Lundi après-midi, le parlement a voté, à 138 voix pour et 53 contre, une « loi contre le coronavirus » qui octroie des pouvoirs exceptionnels au chef de l’exécutif.

Cette loi inscrit dans la durée des mesures exceptionnelles mises en place par décrets dans le cadre de l’état d’urgence (« l’état de danger », selon la terminologie hongroise) déclaré le 11 mars dernier pour 15 jours : :

  • L’interdiction d’entrée en Hongrie pour les étrangers ;
  • La mise en quarantaine des Hongrois rentrant au pays ;
  • L’expulsion des étrangers qui ne coopèrent pas avec les autorités ;
  • La réorganisation de l’enseignement à distance dans le secondaire et le supérieur.

La constitution stipule que tout décret pris pendant un « état de danger » doit être prorogé par le parlement tous les 15 jours. Le gouvernement affirme donc avoir préparé cette loi dans le but de simplifier la chaîne de décision, la rendre plus efficace, surtout au cas où il serait impossible de réunir le quorum au parlement, si des députés venaient à tomber malade dans les semaines à venir.  

La loi inclut également une disposition relative à l’information : toute personne ou tout média qui diffuserait – de façon intentionnelle – des fausses informations susceptibles d’entraver l’action de l’exécutif dans la lutte contre l’épidémie est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq années de prison. Reporters sans frontières (RSF), a vivement critiqué la législation qui, selon l’ONG, crée « un précédent très inquiétant pour les autres États membres de l’Union européenne » alors que déjà « des signes préoccupants existent également dans d’autres pays ».

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