Coronavirus et libertés: La vidéosurveillance légitimée en Russie

Moscou, déjà en pointe dans la vidéosurveillance, renforce son dispositif en suscitant des craintes que cette mesure ne devienne pérenne – par Etienne Bouche

Moscou, déjà en pointe dans la vidéosurveillance, renforce son dispositif en suscitant des craintes que cette mesure ne devienne pérenne.

Par Etienne Bouche, Moscou.

En Europe centrale et orientale, dans le Caucase, dans les Balkans : la crise sanitaire causée par le coronavirus est parfois une aubaine pour réduire les libertés individuelles et publiques. Daleko-Blisko fait un tour d’horizon des situations les plus sensibles.

Cette période de crise vient légitimer l’usage de la vidéosurveillance. La reconnaissance faciale est utilisée par les autorités afin de faire respecter les mesures de confinement strict imposé aux personnes revenues de l’étranger (14 jours). Le non-respect de ce régime est passible d’amendes voire de prison. Les personnes placées sous surveillance sont répertoriées avec documents d’identités, adresse et téléphone. Les détracteurs de cette méthode de surveillance redoutent que celle-ci soit utilisée à l’avenir à des fins politiques. Avec des caméras omniprésentes dans l’espace public, la ville de Moscou est à la pointe de la vidéosurveillance. Des situations de crise antérieures, l’attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg en 2017, avaient déjà légitimé le renforcement des mesures de sécurité. La pérennité de ces mesures fait craindre un resserrement des libertés publiques. Soucieuses de lutter contre les « fausses informations », les autorités sont par ailleurs particulièrement vigilantes au traitement médiatique de l’épidémie : comme le souligne RSF, le régulateur des télécoms a ordonné la suspension de certaines publications en vertu de la loi sur la désinformation entrée en vigueur il y un an.

Vladimir Poutine semble aussi avoir pris acte de la situation exceptionnelle provoquée par la pandémie sur le plan électoral. Il a repoussé le référendum du 22 avril par lequel il avait prévu defaire valider une réforme de la Constitution, dont l’un des amendements permet de “remettre à zéro” le compteur présidentiel, rendant possible un nouveau mandat pour Vladimir Poutine.

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