Tout commence les 4 et 5 mars derniers. L’équipe de volleyball de Milan vient jouer un match sur cette île estonienne. Une semaine plus tard, “deux cas de Covid-19 sont diagnostiqués sur Saaremaa, les premiers de l’île”, note ERR, le média public estonien. L’entraîneur de l’équipe estonienne est testé positif, les joueurs de Milan sont placés en quarantaine.

Sans attendre, dès le lendemain, le 12 mars, le gouvernement estonien annonce l’état d’urgence dans l’ensemble du pays jusqu’au 1er mai. Le voyage du virus sur la terre ferme ne fait que commencer.

Un jeune qui fait son service militaire “est testé positif à son retour à la caserne”. Il avait assisté à ce match. Ses camarades de chambrée sont mis en quarantaine. Le nombre de contaminations se multiplie. Le 14 mars, il y a plus de 100 cas. Deux jours plus tard, leur nombre passe à 200.

Plus de malades qu’à Tallinn et Tartu

Sur Saaremaa, une course contre la montre s’engage. L’île ferme toutes ses écoles et le gouvernement coupe toute possibilité pour les non-résidents de s’y rendre. “La majorité des personnes soignées pour le Covid-19 dans les hôpitaux de Tallinn et Tartu viennent de Saaremaa”, indique le directeur de l’hôpital de l’île, cité par ERR.

Fin mars, la situation y est toujours tendue. “L’île dénombre toujours plus de cas que la région de Tallinn”, dix fois plus peuplée. Pour faire face à la situation, “la présidente Kersti Kaljulaid autorise 40 membres des forces armées à épauler la police sur l’île”. L’armée installe un hôpital de campagne en soutien aux établissements de santé de Saaremaa. Un mois après la visite des sportifs milanais, l’île “enregistre toujours le plus grand nombre de nouveaux cas”.