RFI : Kazakhstan – le président limoge la fille de son prédécesseur, n°2 du régime

Entretien publié sur RFI le 2 mai 2020

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Au Kazakhstan, Dariga Nazarbaïeva, la fille aînée de l’ancien président, vient d’être démise de son poste de présidente du Sénat ce samedi. Elle n’est donc plus la n°2, et donc potentielle cheffe de l’Etat en cas de vacance du pouvoir, de l’immense ex-république soviétique, riche en pétrole. C’est peut-être un tournant pour la succession dans ce régime autoritaire d’Asie centrale. Dariga Nazarbaïeva, 56 ans, avait été nommée présidente du Sénat en mars 2019, aussitôt après le départ surprise de son père Noursoultan Nazarbaïev du fauteuil présidentiel, qu’il occupait depuis 28 ans.

C’est une vraie surprise. Le décret présidentiel annonçant la démission de Dariga Nazarbaïeva du poste de présidente du Sénat laisse perplexe. Est-ce une démission prise en accord avec le « leader de la nation », Noursoultan Nazarbaïev, l’ex-président toujours puissant et qui a longtemps rêvé d’une succession familiale à la tête du pays ?

Ou bien est-ce un coup de force de la part du chef de l’Etat, Kassym-Jomart Tokaïev, élu en juillet de l’an passé ? Ce dernier peine à s’imposer face à un Noursoultan Nazarbaïev qui dirige le Conseil de sécurité, aux pouvoirs renforcés.

La question est importante, tant l’exemple de succession kazakhstanais est suivi dans l’ancien espace soviétique et en Asie. Il est un peu tôt pour comprendre le sens de cette démission de l’ambitieuse fille aînée de l’ex-président.

On peut noter que Dariga Nazarbaïeva a été affaiblie par un scandale déclenché par son propre fils, lequel a prétendu en début d’année que sa mère et d’autres membres de la famille étaient impliqués dans un mécanisme de corruption lié à la vente de gaz à la Russie.

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