La Croix : En Ukraine, la lutte contre le coronavirus passe par les oligarques

Article publié sur le site de La Croix le 20/05/2020

Les faits. Le président ukrainien a fait appel aux hommes les plus riches du pays pour remédier aux défaillances du système de santé ukrainien.

Fabrice Deprez (correspondant à Kiev)

Les camionnettes de l’entreprise « Interpipe », producteur de tuyaux contrôlé par Viktor Pintchouk, la sixième fortune d’Ukraine, se sont succédées, ces dernières semaines, devant les grilles de l’hôpital de maladies infectieuses numéro 21 de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. 10 000 gants, taille L, livrés fin mars ; près de 500 sondes pour intraveineuses et 300 litres de gel hydroalcoolique, quelques jours plus tard ; 20 concentrateurs d’oxygène, d’une valeur de 25 000 €, fin avril ; thermomètres, seringues, masques, combinaisons de protection…

« On ne refuse aucune aide »

Au plus fort de l’épidémie de Covid-19, ce sont en grande partie des fonds privés qui ont permis à cet hôpital public, qui soignait encore, à la mi-mai, 99 patients touchés par le coronavirus, d’encaisser le choc. « Vu la situation, on ne refuse aucune aide », explique simplement Nikolaï Tourtchine, le directeur.

Le phénomène s’est répété dans toute l’Ukraine, né d’un constat lugubre mais partagé deux mois plus tôt par tous : corrompu, vétuste et en cruel manque de financements, le système de santé ukrainien ne résistera pas à une épidémie d’ampleur.

Le 16 mars, le président Volodymyr Zelensky a réuni une douzaine des hommes les plus riches du pays dans l’imposant palais présidentiel de la capitale pour les enjoindre à mettre la main au porte-monnaie. « Ce pays vous a nourris pendant longtemps, maintenant c’est à vous de l’aider ». La formule du chef de l’État plaît dans une Ukraine toujours méfiante à l’égard de ces hommes d’affaires enrichis, pour la plupart, dans le chaos des années 1990. Mais, six ans après une révolution dirigée en partie contre l’influence qu’ils exercent toujours sur la politique du pays, elle sonne aussi comme un aveu d’impuissance.

Vous pouvez lire la suite de cet article sur le site de La Croix.

Leave a Reply

%d bloggers like this: