RFI : Géorgie – Une bonne gestion du Coronavirus

Entretien publié sur RFI le 26 mai 2020

Lancement : L’ex-république soviétique de Géorgie a plutôt bien géré la crise du coronavirus. Les résultats sont là : seulement 12 morts et un peu plus de 700 cas confirmés, pour une population de 3,7 millions d’habitants. Vendredi dernier, 22 mai, l’état d’urgence, décrété deux mois plus tôt, a même été levé. Bonjour Régis Genté,  vous êtes notre correspondant pour le Caucase du Sud. Quels ont été les ingrédients de cette bonne gestion ?

Régis Genté : D’avoir su écouter les écouter les médecins. De ne pas avoir oublié que la Géorgie est un pays pauvre, avec un système de santé très faible… et qu’il fallait donc tout faire pour prévenir une crise sanitaire. Certainement d’avoir pris les bonnes décisions très tôt. Dès le 29 janvier, les vols en provenance de Chine étaient suspendus. Vers la fin février, les passages de frontières terrestres ont été restreints, notamment pour ceux en provenance d’Iran à travers l’Azerbaïdjan voisin. Le premier cas de coronavirus a été détecté le 26 février, c’était un citoyen géorgien en provenance d’Iran… quelques jours plus tard, un second cas était signalé… cette fois, la personne arrivait d’Italie. Les vols ont été aussitôt interrompus avec ces pays.

Question : Quelle a été la politique en matière de tests ?

Régis Genté : Au départ, pour tester les patients à l’hôpital, un rôle clé a été joué par le laboratoire américain Lugar. Mais il n’était pas possible de tester toute la population. On a bien acheté des tests d’une société chinoise, mais cette dernière les a rappels. Ils étaient déficients. C’est pourquoi finalement des mesures ont été prises comme la fermeture de tous les commerces, excepté ceux d’alimentation et les pharmacies. De même, une stricte quatorzaine a été imposée à toute personne entrant sur le territoire de la Géorgie. Je suis passé par là, et je peux témoigner du sérieux de l’application de la mesure.

Question : Côté économie, la gestion gouvernementale a-t-elle été aussi bonne ?

Régis Genté : C’est la nouvelle phase qui s’ouvre, très délicate et avec peu de soutien aux entreprises en réalité. Le gouvernement veut surtout sauver la saison touristique. Le tourisme représente autour de 7% du PIB national, et est très important pour nombre de ménages géorgiens qui ont une guest house ou font du taxi. Mais les autorités du pays tentent de relancer ce secteur tout en ne risquant pas de provoquer une sérieuse aggravation de l’épidémie. Ce qui risque de limiter sérieusement le nombre de visites dans les montagnes du Caucase. Sans doute que l’aide européenne, 500 millions d’euros, moitié en dons moitié en prêt, sera d’un grand secours pour la Géorgie.

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