La Croix : En Biélorussie, le régime vacille

Article publié sur le site de La Croix le 16/08/2020

Analyse. Des dizaines de milliers de Biélorusses se sont rassemblés sur la place de l’Indépendance à Minsk, le dimanche 16 août, pour demander le départ de l’autocrate Alexandre Loukachenko. Des membres de l’élite commencent à prendre leurs distances avec le régime, qui garde le contrôle des structures de force.

Olivier Tallès et Fabrice Deprez, le 16/08/2020

Écrasé sous le poids de la contestation populaire. La tentative du président Loukachenko de reprendre la main, dimanche 16 août, en rassemblant quelques milliers de partisans dans le centre-ville de la capitale n’a fait que mettre en lumière l’effondrement de son soutien. Car la véritable démonstration de force s’est faite quelques heures plus tard, lorsque des centaines de milliers de Biélorusses se sont réunis sous l’obélisque honorant la « ville héros » de Minsk, statut honorifique de la Seconde Guerre mondiale, pour réclamer la démission du président.

Cette manifestation d’une ampleur historique est le point d’orgue d’un mouvement de contestation démarré une semaine plus tôt avec la réélection frauduleuse d’Alexandre Loukachenko. L’opposition au président a encore gagné en force, le week-end dernier, aussi bien à Minsk que dans le reste du pays. À Pinsk, dans le Sud, mais aussi à Brest, proche de la Pologne, ou Molodechno, au nord-ouest de Minsk, des milliers de manifestants ont déployé dimanche 16 août d’immenses drapeaux rouge et blanc, symbole de l’éphémère République populaire biélorusse, proclamée en 1918 et anéantie par l’arrivée des Soviétiques au pouvoir un an plus tard

Alexandre Loukachenko dépassé par la réalité

Alexandre Loukachenko a-t-il visualisé les images des cortèges géants ? Lui qui avait l’habitude de dicter le tempo, donne en tout cas l’impression d’être dépassé par la réalité des événements. Il s’embrouille, accuse un jour la Russie, appelle un autre jour à l’aide Vladimir Poutine, avant de tenir des propos antirusses et antioccidentaux sur l’agression venue de l’étranger. « Nous n’avons pas d’amis, tous veulent que nous nous mettions à genoux. Le Biélorusse ne sera pas divisé comme en 1939 », a-t-il affirmé devant les quelques milliers de fidèles qu’il a rassemblés sur la place de l’Indépendance.

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