RFI: Le symbolisme balte exposé à Vilnius

Deux ans après la grande exposition dédiée au symbolisme balte au musée d’Orsay à Paris, les tableaux baltes sont arrivés en Lituanie. Après avoir été montrés à Tallinn, ils sont désormais à Vilnius jusqu’au mois d’octobre avant de partir pour Riga. Une tournée balte importante pour le public local car pour la première fois, des tableaux fondateurs pour l’identité des trois pays sont exposés ensemble. Le reportage de notre correspondante en Lituanie, Marielle Vitureau.

C’est le visage d’une jeune paysanne vêtue de noir qui accueille les visiteurs. Elle est au premier plan, devant un champ de blé et un homme qui fauche. Le ciel est bleu, mais l’orage semble menacer. La jeune fille regarde l’avenir droit dans les yeux. Qui l’a peinte ? Ginta Gerharde du musée national de Lettonie répond.

C’est notre artiste letton Johans Valters. C’est vraiment comme l’identité pour toute l’exposition.C’est le temps de la construction de notre identité nationale. Tous les artistes sont paysans.

Les âmes sauvages, le titre de l’exposition offrent une plongée dans le symbolisme au tournant du 20e siècle. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie n’existent pas encore comme états, mais dans l’empire tsariste, les consciences se réveillent. Le travail des peintres a été déterminant dans l’émergence d’une identité nationale. Lolita Jablonskiene, directrice de la galerie nationale d’art à Vilnius.

Les artistes qui ont créé au début du 20e siècle appartiennent à la génération qui a posé sur la toile la vision d’une Estonie, Lettonie et Lituanie indépendantes. On peut prendre en exemple les tableaux qui représentent le mythe du fils de Kalev. Ils ont aidé les Estoniens à trouver leur héros qui a permis leur affirmation politique. La collecte du folklore et des traditions populaires a servi pour créer une nouvelle image balte et fondé l’identité des pays nouvellement indépendants. 39 sec.

En Estonie, plus de 400 000 visiteurs sont allés voir les âmes sauvages. L’estampille musée d’Orsay a lancé le succès de cette exposition localement. Il a même fallu réimprimer le catalogue. Pour Lolita Jablonskiene, cette exposition restera dans l’histoire de l’art des trois pays baltes.

On a toujours eu jusqu’à présent l’habitude de bien faire la distinction entre l’art estonien, letton et lituanien. Mais il me semble que pour un Lituanien du 21e siècle, il est très important aujourd’hui de voir des tableaux que l’on connaît par cœur dans un contexte national non pas uniquement comme des œuvres lituaniennes, mais de voir qu’elles s’inscrivent dans la culture européenne. 29 sec.

En exposant dans leur pays respectif, chaque pays a donné une touche personnelle à l’exposition. Ginta Gerharde

Chaque musée peut faire sa version nationale, pour nous, ce sera les paysages.

Ces 10 dernières années, les musées baltes ont connu une véritable révolution. L’Estonie a construit de toutes pièces son nouveau musée d’art le Kumu. La Lituanie a rénové l’ancien musée de la révolution pour la transformer en galerie nationale d’art et la Lettonie vient de rouvrir son musée d’art, rénové et modernisé. Cette modernisation a transformé la place des musées dans la région balte. Sirje Helme, directrice du Kumu.

La compréhension par le public du rôle d’un musée pour la culture a radicalement changé. Le nombre de visiteurs ne fait qu’augmenter. Le musée sert à conserver la mémoire, mais aussi donne les clés pour voir les choses sous un autre angle. D’ailleurs, sans ces nouveaux locaux adaptés, nous n’aurions jamais pu mettre un tel projet international car pour pouvoir emprunter des œuvres, les exigences techniques sont strictes. Une exposition que la Pologne ou les pays scandinaves souhaiteraient accueillir eux aussi dans leurs musées.

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