La Croix : A Kiev, Vilnius et Varsovie, l’exil des opposants biélorusses

Article publié sur le site de La Croix le 15/09/2020

Enquête. Plusieurs dizaines d’opposants ont fui la Biélorussie pour échapper à la répression du pouvoir. Éparpillés entre plusieurs capitales, ils tentent de s’organiser.

Fabrice Deprez (de notre correspondant, à Kiev), le 15/09/2020

Lorsque Elena Jivoglod arrive à Kiev le 4 août, cinq jours avant le premier tour de l’élection présidentielle biélorusse, c’est avec « un sac à dos, quelques paires de chaussettes, des sous-vêtements, un gilet » et l’intention de ne rester que deux semaines au plus. L’ONG de surveillance électorale, Honnêtes gens, dont elle fait partie, a alors décidé d’installer une base arrière dans la capitale ukrainienne pour contrecarrer les inévitables pressions du pouvoir biélorusse.

« On avait nos billets pour rentrer au 15 août », explique-t-elle un mois plus tard à la terrasse d’un café de Kiev, « mais personne ne s’attendait à ça ». Prise de court par une vague de contestation inédite et par la répression du régime, Elena Jivoglod se retrouve bloquée en Ukraine.

Des départs précipités

Elle n’est pas seule. Depuis la réélection frauduleuse d’Alexandre Loukachenko à la présidence biélorusse, plusieurs dizaines d’opposants, syndicalistes, fonctionnaires, journalistes ou activistes ont quitté le pays afin d’échapper aux arrestations. Mille kilomètres de frontière commune et l’absence de régime de visa entre les deux pays font de l’Ukraine une destination logique, mais pas toujours choisie : c’est après avoir été enlevés par les services de sécurité biélorusses qu’Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov sont expulsés vers l’Ukraine le 7 septembre. Présente au même moment, Maria Kolesnikova, membre du conseil de coordination de l’opposition, va, elle, déchirer son passeport dans le no man’s land entre les poste-frontières biélorusses et ukrainiens pour éviter l’exil forcé.

Les départs sont souvent précipités, les circonstances toujours uniques. Alexeï Khoudanov, journaliste biélorusse de 22 ans, est invité par des confrères à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, après trois jours passés début août dans les cellules étouffantes de la police biélorusse. Et lorsque Dmitry Koudelevitch, un mineur, leader syndical et gréviste de 48 ans, saute par une fenêtre pour échapper au KGB le 20 août, il espère d’abord se rendre en Pologne.

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