RFI: Egor Joukov, la relève de l’opposition russe

Il est l’un des nouveaux visages de l’opposition en Russie : Egor Joukov, 22 ans, est étudiant mais s’est déjà fait une place dans des médias libéraux réputés. Après les importantes manifestations de l’été 2019 dans la capitale russe, il a été arrêté et accusé d’avoir organisé des « troubles de masse ». Son procès a alors suscité une mobilisation civique inhabituelle. Le jeune Moscovite a finalement été condamné pour « extrémisme » à trois ans de prison avec sursis, une peine qui, dans le contexte actuel en Russie, est considérée comme une victoire. Fin août, le jeune homme a été passé à tabac par des inconnus à proximité de son domicile.

Par Étienne Bouche

Diffusé le 09/09/2020 dans l’émissions “Accents d’Europe”, sur RFI

C’est au cours de l’été 2019 qu’Egor Joukov devient une personne publique. L’étudiant s’exprime avec éloquence, séduit et suscite une importante campagne de soutien en sa faveur. Son profil retient aussi l’attention des médias : Joukov est sollicité par le journal d’opposition Novaïa Gazeta, mais aussi par la radio Écho de Moscou. Il y anime désormais sa propre émission politique au titre malicieux. En français, cela pourrait être « Conditionnellement vôtre », une allusion à sa condamnation avec sursis. Du haut de sa petite vingtaine, Egor Joukov interroge des pointures. Ses questions sont pertinentes et témoignent de sa compréhension déjà aiguisée du système politique.

Il étudie en parallèle à la Haute école d’économie de Moscou où il s’est imposé comme une figure de la vie étudiante et un défenseur opiniâtre de l’indépendance d’esprit. Jusqu’à présent, cette université est considérée comme une pépinière de l’intelligentsia libérale. Bon nombre de ses étudiants ont participé aux manifestations de l’été 2019 et leur politisation inquiète manifestement le pouvoir. Depuis un an, l’établissement est confronté à une reprise en main. Plusieurs professeurs ont été renvoyés, d’autres ont fait le choix de démissionner. Egor, lui, comptait s’inscrire en maîtrise à la rentrée. Signe de ce resserrement idéologique, son inscription a d’abord été validée puis finalement rejetée.

A écouter sur la page de l’émission (à partir de 3’54).

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