CEC: La Moldavie de nouveau en suspens

Le scrutin présidentiel moldave du 1er novembre permettra d’évaluer les rapports de force entre des partis diamétralement opposés, plus ou moins affranchis des manipulations de l’oligarque Vlad Plahotniuc.

Article publié sur le site du Courrier d’Europe Centrale, le 31/10/2020

Le scrutin présidentiel moldave du 1er novembre permettra d’évaluer les rapports de force entre des partis diamétralement opposés, plus ou moins affranchis des manipulations de l’oligarque Vlad Plahotniuc.

La Moldavie serait “à la croisée des chemins” à en croire l’ancienne première ministre Maia Sandu. Le premier tour de l’élection présidentielle, le 1er novembre, serait “inévitablement géopolitique” selon l’expression du politologue Dionis Cenusa. Mais finalement, rien de nouveau : en-a-t-il jamais été autrement depuis l’indépendance de cette ancienne république soviétique, encastrée entre l’est et l’ouest? Reste que ce scrutin est bel et bien inédit, en premier lieu parce qu’il fait suite à une année 2019 émaillée d’évènements politiques majeurs.

Après des élections entachées de fraudes en février 2019, une série de protestations populaires à l’été qui ont poussé à l’exil le “kidnappeur de l’État”, l’oligarque Vlad Plahotniuc, et la chute du gouvernement libéral de Maia Sandu en novembre, le 1er novembre est le premier rendez-vous électoral qui permettra d’évaluer les rapports de force entre des partis diamétralement opposés, plus ou moins affranchis des manigances de Vlad Plahotniuc. Le président sortant, Igor Dodon, est crédité d’environ 17% des intentions de vote au premier tour, talonné par Maia Sandu, avec 13%.

Sur le papier, leurs promesses se ressemblent : intensifier les réformes et la lutte anti-corruption, moderniser l’économie et attirer des investissements étrangers. Des engagements vitaux pour la Moldavie, un des pays le plus pauvre d’Europe en termes de PIB par habitant. La moitié des retraités y perçoivent des pensions sous le seuil de pauvreté. Sur les 3,5 millions de Moldaves, plus d’un tiers vit et travaille à l’étranger.

Les projets des deux principaux candidats sont cependant fondamentalement différents. Maia Sandu met en avant son passif de technocrate occidentalisée, ancienne employée de la Banque mondiale, pour promouvoir des réformes radicales et une “tolérance 0” vis-à-vis de la corruption. On pourrait, à propos de Maia Sandu, paraphraser un bon mot visant autrefois Robespierre : elle serait prête à demander à quelqu’un de lui donner de l’argent afin qu’elle ait l’occasion de le refuser. En tant que présidente, elle exigera une “refonte complète du système judiciaire”, réputé politisé et corrompu jusqu’à la moelle.

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